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SÉRIE


The X-Files Saison 1
Chris Carter nous emmène aux frontières du réel


Écrit par
Marie Dujean

 06 aot 2021   0 commentaires   1 j'aime    240 vues



Nous sommes le 10 septembre 1993. La chaine américaine Fox, connue principalement pour The Simpsons, diffuse le premier épisode d'une nouvelle série intitulée The X-Files, traduite en français par Aux Frontières du Réel et diffusée un après après sur la chaîne M6, qui profitera du succès de la série pour la diffuser en première partie de série le samedi soir et confirmer son statut de "petite chaîne qui monte". Retour sur la première saison d'une série qui aura à jamais laissé son empreinte sur le monde de la télévision.

Les épisodes


01 : Pilot
02 : Deep Throat
03 : Squeeze
04 : Conduit
05 : The Jersey Devil
06 : Shadows
07 : Ghost in the Machine
08 : Ice
09 : Space
10 : Fallen Angel
11 : Eve
12 : Fire
13 : Beyond the Sea
14 : Gender Bender
15 : Lazarus
16 : Young at Heart
17 : E.B.E.
18 : Miracle Man
19 : Shapes
20 : Darkness Falls
21 : Tooms
22 : Born Again
23 : Roland
24 : The Erlenmeyer Flask

Un paysage télévisuel formaté




Avant de parler de la série, il faut commencer par citer le contexte télévisuel de l'époque. Lorsque vous allumez votre téléviseur, au début des années 1990, vous avez une chance sur deux de tomber sur une énième rediffusion de The A-Team (L'Agence tout risque), Murder, She Wrote (Arabesque), Who's the Boss? (Madame est servie), Airwolf (Supercopter), Knight Rider (K 2000), autant de séries dont on se souvient plus facilement du titre français que du titre original. C'est l'époque des héros lissent et heureux et les grandes chaînes américaines (CBS, NBC, ABC, etc.), se font un malin plaisir de produire ces séries à la chaîne sans proposer une réelle recherche cinématographique. Car en ces temps bénis pour les audimats (Internet n'existe pas), il est une véritable coupure entre le monde de la télévision, jugé ringard, et celui du cinéma. Les acteurs de séries restent cantonnés dans leur bulle hermétiquement cloisonnée des acteurs, les vrais, ceux du cinéma.
Les exemples d'acteurs de séries ayant réussi le pas vers le cinéma sont rares. En 1988, lorsque la Fox sort le film d'action Die Hard, ils choisissent de ne pas afficher le visage de l'acteur Bruce Willis, car jugé ringard – imaginez ! il vient d'une série ! En l'occurence Moonlight (Clair de lune). Mais le film devient un carton et à mesure que les chiffres du box-office arrivent, l'affiche sera modifiée afin d'afficher en grand cet acteur plus si ringard que ça. Aurait-il ouvert une brèche ?
Parallèlement, dans une Amérique où les grandes chaînes sont reines et les coupures publicitaires incessantes, il faut câler des scénarios avec des mini-cliffhangers entre chaque coupure pub et surtout ne pas froisser le téléspectateur. Exit les scénarios sur l'homosexualité, la violence profonde, le sexe. Assurez-vous que le grand public reçoive sa dose de héros bien coiffés et, de grâce, ne demandez pas des intrigues compliquées, car on n'a pas le temps, il faut produire à la chaîne plus de vingt épisodes par an. Moteur, ça tourne, action !
Certes, il existe bien sûr d'excellentes séries qui ont changé le cours de l'Histoire télévisuel, comme Star Trek, Quantum Leap (Code Quantum) et, plus récemment, Twin Peaks. Avant Twin Peaks, l'intérêt des grands réalisateurs pour le petit écran (encore au format 4/3) est pour ainsi dire insignifiant. Et c'est là tout le génie de David Lynch (et son coéquipier David Frost), en choisisant comme medium la télévision, afin de raconter une histoire qui allait surprendre le public.
C'est dans ce contexte majoritairement peu intéressant mais où s'esquisse un possible futur différent que nait X-Files, une série qui va boulverser les codes du genre et emmener le travail de David Lynch et d'autres vers un nouveau possible.

Un fil rouge


Comme il le fera plus tard pour sa série MillenniuM, Chris Carter ne se contentera pas de créer une simple série hebdomadaire montrant une investigation par semaine. Non, il établira un fil rouge lui permettant d'offrir des histoires avec une tension dramatique très forte et s'installant sur plusieurs saisons. Carter n'est pas du genre à planifier tout à l'avance, et il faut dire que dans les années 90, le nombre d'épisodes est si important (24 par saison en moyenne) que cela ne laisse guère le luxe du temps – l'équipe de production combattant constamment le temps, parfois allant jusqu'à envoyer à la chaîne l'épisode de la semaine le jour même de sa diffusion. Le fil rouge ne sera donc pas une bible rédigée à l’avance, mais évoluera en fonction des idées, des scénarios et des circonstances, comme la grossesse de l’actrice Gillian Anderson lors de la seconde saison.
Brièvement, ce fil rouge prendra la forme d'un complot destiné à cacher l'existence d'une vie extraterrestre ainsi que l’enlèvement de la sœur du héros – les deux histoires étant intimement liées.

Mulder et Scully




Pour son héros, Carter imagine Fox Mulder, un agent du FBI très doué, notamment dans ses capacités de profiler, mais borné et obnubilé par sa recherche de la vérité sur la disparition de sa sœur ainsi que l'existence d'une vie extraterrestre. L'une des idées géniales du producteur californien est que le personnage principal ne s'intéresse pas aux phénomènes paranormaux simplement par une passion dévorante, mais au-delà de sa quête, c'est l'espérance de retrouver Samantha, sa petite sœur disparue alors qu’il était enfant, qui animera le personnage et lui donnera une vulnérabilité qui le rendra plus humain et donc plus intéressant que la plupart des héros télévisuels du moment.

Mais Carter fera un excellent autre choix. Afin de ramener le héros sur terre, il sera affublé d'une collaboratrice. Ce sera l'agent Dana Scully, femme de science qui offrira une dynamique particulièrement intéressante au duo : il sera le croyant, elle sera la sceptique. Avec le temps, la dynamique perdra de sa superbe, car on ne peut décemment comprendre que Scully refuse de croire au surnaturel après plusieurs centaines d'enquêtes. Mais n'allons pas trop vite en besogne. Nous sommes en 1993 donc, et le pilote de la série est diffusé.

L'alchimie


Kim Manners, le réalisateur de la série ayant réalisé le plus d'épisodes explique en parlant d'une scène anecdotique de l'épisode Max (saison 4). "David et Gillian étaient absolument fantastiques. Ils pouvaient jouer une scène purement d'exposition, pour dire au public : 'Que se passe-t-il ? Où en sommes-nous dans l'histoire ?' Et ils arrivaient toujours à trouver un moyen de rendre ça intéressant. Ils parvenaient toujours à bonifier ces scènes-là, je leur tire mon chapeau."
En effet, la série était une série policière, un grand nombre de scènes comporteront des dialogues d'investigation ou du pur jargon policier ou de science-fiction. Cela ne confère pas beaucoup de substance aux acteurs pour proposer une interprétation intéressante, mais effectivement, la relation entre David Duchovny et Gillian Anderson est tout bonnement magique. Il suffit de voir les regards, même lors de petites scénettes sur le papier bien ennuyeuses. Comme à la manière du théâtre, ils cherchent et composent afin d'offrir un moment intéressant. Cette alchimie va bien entendu bien au-delà des petites scènes.

La retenue


En effet, les héros ont de la retenue. Ne comptez pas sur Mulder ou Scully pour pleurer sur leur sort ou pour ouvrir leur cœur. Certes, la série évoluera et brisera une partie de cette coquille, mais il est très important que les personnsages ne soient jamais mélodramatiques. Et c'est un sans faute durant les sept premières saisons. Les seuls véritables moments de mélo seront souvent dans des voix off, où les personnages s'ouvrent et nous racontent leurs états d'âme, comme par exemple la scène d'ouverture de Memento Mori, écrite par Chris Carter, qui veillera au grain et n'hésitera pas à couper des scènes qu'il jugera déplacée (Scully couchant avec un homme dans Never Again) ou inadéquate (le baiser coupé de Memento Mori).

Les influences




Toute série, ou même œuvre artistique, n'est qu'une suite du travail d'autres artistes. À part peut-être les hommes des cavernes s'essayant à la peinture murale pour la première fois, chaque artiste s'inspire des travaux de ses prédécesseurs. Chris Carter n'est qu'un exemple parmis d'autres. Ses influences sont
principalement The Twilight Zone, Kolchak: The Night Stalker, Silence of the Lambs et Twin Peaks. Mais Kolchak restera l'influence majeure de la série. Dans cette courte série de ABC, un journaliste nommé Carl Kolchak investigue des sordides affaires avec des éléments paranormaux.
De leur côté, The Twilight Zone offre un épisode paranormal chaque semaine, Silence of the Lambs une agent du FBI forte face à la noirceur et Twin Peaks un jeune agent du FBI exceptionnel et recherchant une femme disparue.
Mais Carter ne proposera pas une pastiche de l'une ou l'autre de ces séries ou films, mais proposera un concept novateur et personnel dans cette première saison.

Des épisodes inégaux


Ce qui est certain, c'est que cette saison est un bijou. Mais ne vous méprenez pas, la moitié des épisodes sont mauvais, ce qui parait bien logique pour une saison de 24 épisodes tournés en moins d'un an. Mais même si une bonne moitié est mauvaise, cette saison reste malgré toute l'une de mes préférées car les bons épisodes sont particulièrement excellents. Chris Carter a réussi ce tour de force de créer une magie qui opère de la plus belle des manières.
Je vous propose donc une revue des 24 épisodes de cette saison magique.

S01E01 : Pilot


Écrit par Chris Carter, réalisé par Robert Mandel, diffusé le 10 september 1993

Intitulé justement en français Nous ne sommes pas seuls, l'épisode pilote de The X-Files définit parfaitement l'essence de la série. S'ouvrant sur un avertissement indiquant que cette histoire a été inspirée par des événements réels, l'épisode commence ensuite avec une femme courant au milieu d'une forêt sombre.



L'une des choses qui m'étonne le plus est l'atmosphère de l'épisode. Les images de Robert Mandel, ainsi que la musique de Mark Snow sont tout simplement magiquement follement incroyablement et nostalgiquement belles. L'atmosphère est calme, sombre et un peu nostalgique. Il faut vraiment regarder l'épisode pour comprendre ce que j'essaie vainement de décrire. À titre d'exemple, à 11 minutes, Mulder marque l'endroit d'un phénomène paranormal d'un signe "x" sur la route, près de la forêt. Ensuite, nous entendons six belles notes de piano qui commencent cette plus belle transition. Tout est, pour moi, dans ces six notes.

Parallèlement, le duo Mulder et Scully fonctionne parfaitement. L'un en croyant (Fox Mulder), l'autre en scientifique sceptique (Dana Scully). Cette alchimie entre les deux personnages est parfaitement rendue et différente car elle nous démontre que non, les personnages n'auront aucune romance. Nous sommes face à une série sombre et ces agents sont confrontés à des situations violentes, dans laquelle il n'y a pas de place pour une romance entre les deux agents. Une fois de plus, le temps fera son effet et détruira entièrement ce précept, mais, une fois de plus, chaque chose en son temps.

David Duchovny est génial. Il n'a pas joué Mulder comme un simple fou, mais comme cet excellent agent se retrouvant dans le sous-sol du FBI à cause d'une croisade personnelle. Duchovny joue ce rôle avec une nonchalance et un sens de l'humour sec tout simplement parfaits pour le personnage. Il n'en fait pas trop et offre une performance très subtile et simplement brillante. Il est le personnage.
Cette nonchalance n'est en fait pas une coïncidence, mais fait aussi partie des dialogues et de la direction. Par exemple, cela va de pair avec ses répliques dans le sous-sol du FBI, lorsqu'il rencontre Scully pour la première fois. Cela fait aussi partie de la mise en scène, lorsqu'il écoute de la musique, allongé sur des sièges d'avion en pleines turbulences, une scène qui pourrait paraitre anecdotique mais qui en dit long sur le personnage. Mais dans le même temps, Mulder n'est pas que cela. Derrière ce masque, Mulder est un personnage très profond et investi émotionnellement. La raison derrière cela est qu'il a perdu sa sœur quand il était un garçon. Lorsqu'il a découvert qu'il y avait un complot à ce sujet, il est devenu obsédé et, comme il le mentionne très sérieusement à Scully dans la scène de la chambre d'hôtel, "rien d'autre n'a d'importance pour moi".

Gillian Anderson, quant à elle, propose une solide performance en tant que jeune agent essayant de travailler à deux niveaux : sa mission pour démystifier le service des affaires non-classées (les X-Files) ainsi que la nécessité de résoudre l'affaire. Un aspect intéressant est que Scully essaie, d'une manière extrêmement subtile, de montrer qu'elle est une femme agent du FBI forte et mature. Deux scènes me le prouvent : dans la première, Scully est assise sur son lit, dans sa chambre d'hôtel, écrivant et réfléchissant à l'implant qu'elle a trouvé. Lorsque Mulder frappe à sa porte, elle dit qu'elle n'y perdra pas le sommeil, mais on voit bien qu'elle est investie et qu'elle est très professionnelle. Cela nous renvoie à l'agent Clarice Starling dans Silence of the Lambs (Le Silence des agneaux), là encore une claire influence sur la série.
Plus tard, à la fin de l'épisode, Mulder l'appelle tard dans la nuit pour parler des preuves qui ont disparu. Elle fait la même chose. Elle répond rapidement qu'ils en parleront demain et raccroche. Mais alors, comme dans la chambre d'hôtel, vous pouvez voir Scully ne pas pouvoir dormir et évidemment y penser.
(En réalité, son petit ami Ethan Minette est également dans son lit en même temps, ce qui pourrait expliquer pourquoi elle ne veut pas parler à Mulder. Mais Ethan Minette a en fait été supprimé de la scène et de l'épisode dans son ensemble. Par conséquent, même si cela n'était peut-être pas l'intention originale, l'effet reste parfait dans cet épisode).

Pendant ce temps, la partition du compositeur Mark Snow apporte la touche finale et la plus importante de l'atmosphère magnifiquement nostalgique et sombre. Mais j'y reviendrai dans l'épisode prochain.

Enfin, la conclusion de l'épisode est tout bonnement sublime. L'épisode s'achève sans qu'aucune conclusion réelle ne soit apportée à l'enquête. Là encore, cela démarque totalement du genre télévisuel de l'époque, qui nous offre une histoire hebdomadaire, à la façon d'un film court. Ici, Carter veut au contraire proposer au spectateur de réfléchir et ne lui offre pas tous les éléments. En effet, comme nous le verrons à plusieurs reprises dans les prochains épisodes, toutes les preuves sont emportées par des forces mystérieuses.
C'est aussi un témoignage pour le public. Et on ne nous ment pas, car nous suivons une véritable enquête. Mais à la fin, il nous reste encore quelques pièces manquantes au puzzle et nous pouvons continuer à y réfléchir. D'une certaine manière, nous participons réellement à la résolution de l'affaire, ce qui est tout simplement phénoménal.

Au final, cet épisode pilote représente une différence majeure avec la plupart des autres séries de l'époque (et encore aujourd'hui). Une série du genre aurait probablement démarré avec de nombreuses scènes d'action, des effets spéciaux énergiques ainsi que de la musique dramatique. Cet épisode est tout sauf ça. Il est très intelligent et pense également que le téléspectateur est suffisamment intelligent pour vouloir plus que les 43 minutes typiques de télévision barbante.

Selon moi, The X-Files ne concerne pas du tout la science-fiction. Le sujet principal est de trouver la vérité. il s'agit d'émotions. Un jeune homme tente désespérément de retrouver sa sœur enlevée. Samantha aurait pu être enlevée par un tueur en série ou un OVNI, peu importe. En tant que public, nous nous connectons simplement avec ce personnage et espérons trouver la vérité à travers lui, un jour. Trouver Samantha aurait dû être le point ultime d'une série qui a magnifiquement commencé. Mais, une fois encore, j'en parlerai plus dans les critiques de la septième saison.

Cet épisode pilote est tout simplement parfait et représente pour moi le vrai X-Files classique. Je donne à l'épisode 10 sur 10. Un vrai chef-d'œuvre classique et intemporel. Je suis amoureux de cet épisode, c'est aussi simple que cela.

S01E02 : Deep Throat




Deep Throat est le premier épisode de The X-Files tourné après le pilote. Pour la première fois, The X-Files nous propose une toute nouvelle séquence de générique d'ouverture - l'épisode pilote n'ayant pas de générique d'ouverture à l'exception d'une phrase indiquant que l'épisode était basé sur du matériel réel.
Cette scène du générique d'ouverture deviendra culte pour toute une génération. Tellement culte que lorsque Chris Carter l'éditera lors de la huitième saison, les fans hurleront au scandale ! Cette séquence sera même complètement revisitée dans la neuvième saison, avant de revenir à sa version originale à partir de la dixième saison.
Ce générique d'ouverture est une pure merveille ; 43 secondes prodigieuses. (Ne vous inquiétez pas, les superlatifs disparaitront au fur et à mesure des saisons).
Dans un changement radical par rapport à la plupart des séries de l'époque, le générique d'ouverture ne contient presque aucune image des personnages principaux – Mulder et Scully n'apparaissant que très brièvement sur un court plan tiré de l'épisode suivant (Squeeze). Très intelligemment, les noms des principaux acteurs sont affichés devant les badges du FBI. Par conséquent, nous ne sommes pas confrontés au syndrome abject du Love Boat (La Croisière s'amuse), où les noms apparaissent devant les scènes des personnages.
Le logo de la série apparaîtra sous différents formats au fil des années, des saisons, des films et des produits de merchandising. Mais seul le "X" de ces crédits représentera le véritable mystère de la série. Ces vagues le long du "X"... Cette partie coupée en haut à gauche... Ce "X", typique d'une machine à écrire, nous renvoie aux années cinquante, à la guerre froide, à Roswell, à l'invasion de la Baie des Cochons, à l'assassinat de JFK et aux heures les plus sombres du FBI. On imagine facilement ce "X" apparaitre sur un morceau de papier de la machine à écrire Remington de Kolchak, écrivant son article, son chapeau sur le dos.

Mais revenons au générique : que dire du thème musical de la série ? C'est tout simplement un mythe de la culture télévisuelle. L'écho que l'on entend et qui donne tout son sens au thème est en réalité le résultat d'une erreur. Mark Snow et Chris Carter étaient ensemble et soudain, le mauvais bouton a été enfoncé, ce qui a donné ce son énigmatique.
Tourné plus d'un an après le pilote original, Deep Throat a toujours la même atmosphère magique que le premier épisode. L'un des aspects les plus importants de cet épisode est la musique. Mark Snow nous offre une fois de plus une belle bande-son à la fois nostalgique et mystérieuse, un tour de force qui s'évanouira petit à petit au fil des années à venir, au profit d'une musique plus conventionnelle pour ce genre télévisuel.
Ce tour de force est clairement visible dans la toute première apparition de Deep Throat. Soudain, une atmosphère remplie de nostalgie et de mystère monte et emporte tout avec elle.
Combien de fois avons-nous entendu parler de l'alchimie entre Mulder et Scully ? À tel point que cette alchimie prendra un jour le dessus sur le reste et deviendra contre-productive. Pour une fois, je vais vous parler d'une autre alchimie. L'alchimie entre Fox Mulder et Deep Throat. Dès leur toute première rencontre, une relation père-fils, voire une relation grand-père-petit-enfant se met en place. Cette relation est plus forte que celle du père et du fils, car on sent que le personnage de Deep Throat est conscient que sa vie est derrière lui. Et il veut, à travers Mulder, parvenir à une sorte de rédemption, à cause de ses actes.

Tandis que l'atmosphère visuelle et musicale impregne tout l'épisode, l'intrigue est également passionnante. Alors que Deep Throat tente de dissuader Mulder de poursuivre son enquête, Fox Mulder continue malgré tout et découvre une intrigue majeure de la série. Certains hommes du gouvernement ont une technologie extraterrestre et développent des équipements militaires basés sur des extraterrestres. Tout est magnifiquement développé, si bien que l'épisode peut être vu sous plusieurs angles, ce qui rend les interactions entre Mulder et Scully parfaites.
Pendant ce temps, le sentiment de paraoia est intense dans cet épisode : le téléphone de Mulder est enregistré, un faux journaliste espionne le FBI, Deep Throat met en garde Mulder de ne pas poursuivre cette enquête, etc.

En même temps, l'épisode est très drôle. Les scènes avec le jeune couple (dont Seth Meyers, l'une des voix de Family Guy) sont hilarantes. De plus, certains dialogues entre Mulder et Scully sont particulièrement drôles :
Scully : "Si j'étais si défoncé..."
Mulder : "Ouh, si tu étais si défoncé, quoi !?"

Mulder : "Dis-moi que je suis fou."
Scully : "Mulder, tu es fou."

Enfin, la fin de l'épisode est l'une des plus belles de toute la série. Je l'ai vue tellement de fois que je peux raconter les dialogues par cœur.

Deep Throat : Vos vies sont probablement en danger.
Fox Mulder : Pourquoi ?
Deep Throat : Vous avez vu des choses qui ne devaient pas être vues. La prudence et la discrétion sont désormais impératives.
Mulder : J'ai vu quelque chose...
Deep Throat, l'interrompant : Comme je l'ai dit, je peux vous fournir des informations, mais seulement tant que c'est dans mon intérêt de le faire.
Mulder : Quel est votre intérêt ?
Deep Throat : La vérité.
(Pause sur le visage de Mulder...)
Mulder : J'ai vu quelque chose. Mais il a disparu. Ils me l'ont pris. Ils l'ont effacé. Vous devez me dire ce que c'était.
Deep Throat : Un OVNI militaire...
Mulder : ...
Deep Throat : Monsieur Mulder, pourquoi ceux comme vous, qui croient en l'existence d'une vie extraterrestre sur cette Terre, ne sont pas dissuadés par toutes les preuves du contraire ?
Mulder : Parce que toutes les preuves du contraire ne sont pas entièrement dissuasives.
Deep Throat : Précisément.
(Deep Throat s'éloigne)
Mulder : Ils sont là, non ?
Deep Throat, se retournant : Ils sont là depuis très, très longtemps.


L'écriture de cette scène est tout bonnement sublime. Lorsque l'on ajoute à la mise en scène impressionnante (l'arrivée de Deep Throat sur le terrain, Mulder et Deep Throat face à face), l'excellent jeu d'acteur de David Duchovny (il joue magistralement cette scène) et de Jerry Hardin (jouant son personnage dans façon très énigmatique), ainsi que la magnifique musique de Mark Snow, le résultat est simplement majestueux.

Je suis tout simplement amoureux de cet épisode, auquel je donne la note de 10 sur 10.

S01E03 : Squeeze




Après les deux premiers épisodes racontant des histoires liées aux extraterrestres, Squeeze est le tout premier épisode n'ayant aucun lien avec les extraterrestres. Il s'agit donc du premier épisode du genre "monstre de la semaine". Mais la nature de l'épisode sera malgré tout très réaliste. Une fois encore, même si The X-Files traite de phénomènes paranormaux, la série est extrêmement réaliste dans sa représentation de ces phénomènes.
La partie policière est elle aussi très réaliste. J'ai beaucoup apprécié le ton donné à Scully ainsi qu'à Mulder au FBI, et la façon dont Scully est un personnage fort au milieu d'agents masculins. Du côté de Mulder, tous les agents se rient de lui et l'appellent "Spooky", sobriquet que Scully révèle au chef du FBI, la section Blevins, dans l'épisode pilote.
Dans les dernières saisons de la série, il n'y a pas le moindre réalisme en ce qui concerne le FBI. Ici, le simple fait que Mulder pose une question étrange à un suspect (par exemple, avez-vous plus de 100 ans) lui attire de graves ennuis. Cela semble extrêmement réel et, par conséquent, on croit vraiment à cette histoire.

Tom Colton


Incarné par Donal Logue, le personnage de Tom Colton est un délice. J'ai adoré le détester dans cet épisode. Il ne se soucie pas vraiment de résoudre les meurtres, car il se soucie de sa carrière et de grimper dans cette dernière. C'est vraiment efficace, en contraste avec Mulder et maintenant Scully, travaillant dans un bureau situé au sous-sol du FBI.

Le détective Frank Briggs


Parallèlement, le personnage de l'ancien détective Frank Briggs est simplement génial. La façon dont l'acteur Henry Beckman l'a interprété est magnifique. On sent vraiment que ce détective a vécu cette affaire très personnellement. Je profite de cette occasion pour honorer la mémoire de l'acteur Henry Beckman, décédé en 2008.

Mulder et Scully


Une fois encore, la relation et l'alchimie entre Mulder et Scully sont tout simplement parfaites. Ils se font confiance, sont sérieux et professionnels, tout en s'amusant entre eux ("Do you think I'm spooky ?"). Tout simplement parfait.
Les émotions qui entrent dans le personnage de Mulder sont très profondes. On a vraiment de la peine pour lui, car ses pairs se moquent de lui.
De l'autre côté, nous pouvons maintenant avoir un aperçu de la vie de Scully, qui est une vie très solitaire. En rentrant du travail, Scully n'a pas de petit ami ou de famille qui l'attend à la maison. Elle passe plutôt son temps à écrire des rapports sur ses enquêtes en cours.
Sur le long terme, cela peut sembler irréaliste. Si les producteurs avaient voulu pousser encore plus loin les limites du réalisme, ils auraient dû donner à Mulder et Scully une vie privée - c'est-à-dire une femme ou un mari, peut-être des enfants, des amis, etc. Mais bien sûr, il aurait été très difficile de l'ajouter naturellement à la série. D'où la bonne décision de ne pas leur donner de vie du tout, aussi triste que cela puisse paraître.
C'est également dans cet épisode que Scully décide de suivre la quête de Mulder dans la section des affaires non-classées, alors qu'elle a la possibilité de suivre la voie de Tom Colton vers une carrière plus typique au FBI et de gravir les échelons.

Gillian Anderson


Je pense que Gillian Anderson a donné une magnifique performance dans cet épisode. Elle se montre comme un personnage fort, mais en même temps montre un sens de la subtilité d'une personne fragile. C'est comme si elle montrait ouvertement qu'il y a quelqu'un qui vit à l'intérieur de son personnage fort. C'est vraiment magique à voir.

La bande-son


La musique de l'épisode est extrêmement effrayante. Mark Snow a fait un travail magnifique. La séquence d'introduction n'aurait rien été sans sa musique, ainsi que les signaux sonores qui donnent la chair de poule.
Et en même temps, la musique est, comme dans les deux épisodes précédents, très émotionnelle au sens nostalgique du terme. C'est très clair à 18', quand nous pouvons entendre en même temps des sons très sombres et effrayants, tout en ayant une musique nostalgique en même temps. Par conséquent, on se sent à la fois effrayé par Tooms et triste en regardant Fox Mulder se faire rire et crier dessus par le Bureau.

66, Exeter Street


L'appartement de Tooms fait également partie des scènes classiques de The X-Files. Ce très vieux bâtiment est tout simplement l'endroit parfait pour un tel épisode. Je ne me souviens pas d'avoir retenu par cœur l'adresse d'un autre lieu dans une autre série télévisée, mais bien celle du 66, Exeter Street.

Ne pas montrer


Même si j'adore cet épisode, je peux trouver deux petits détails qui m'ont dérangé. Premièrement, lorsque Tooms saute sur l'homme à l'intérieur de sa maison, le plan, même s'il ne dure qu'une seconde, est assez pauvre. Au contraire, le plan suivant est magnifique. Au lieu de voir le meurtre proprement dit, on s'éloigne de la scène directe et on voit juste une petite flamme qui meurt dans la cheminée. C'est une façon brillante d'effrayer le public sans montrer réellement le moment sombre. C'est une astuce typique d'Alfred Hitchcock.

Des menottes... Sérieusement ?!


Enfin, l'autre chose que je n'arrivais pas à croire, c'est le fait que Mulder et Scully menottent Tooms à la fin de l'épisode... Comme si cela devait l'empêcher de se serrer et de se libérer à nouveau. Il y aurait dû y avoir un meilleur moyen de l'arrêter.

Fin ouverte


Comme dans les deux épisodes précédents, Squeeze nous offre également une fin ouverte, mais, si je puis me permettre, une fin encore plus ouverte que les précédentes, avec Eugène Tooms souriant lentement à la vue de la porte de sa cellule de prison. Une fin merveilleuse et tout simplement parfaite.

Verdict


Squeeze est le premier épisode du monstre de la semaine et représente sa parfaite définition. Bien que paranormale, l'histoire est ancrée dans une réalité profonde, ce qui donne à l'épisode, et à la série, un vrai sens de l'effroi. Je donne à cet épisode une note de 10 sur 10. Un véritable classique.

S01E04 : Conduit




Conduit est un épisode très intéressant et sous-estimé, racontant la disparition d'une adolescente, que Mulder croit avoir été enlevée par des extraterrestres.

Pour la toute première fois dans la série, nous voyons Fox Mulder obsédé par une affaire et ayant un côté sombre en lui. Lorsque cela se produit, David Duchovny joue une belle facette du personnage que nous reverrons dans des prochains épisodes. Le paroxysme aura lieu lors de la confrontation avec Duane Barry après qu'il ait enlevé Scully, mais n'allons pas trop vite.
Cette facette permet une connexion émotionnelle de Mulder, ce qui est toujours plus intéressant lorsque les personnages ont des liens profonds avec l'affaire. Par exemple, l'émotion est à son comble lorsque Mulder touche la photo de la jeune fille "enlevée" lorsqu'elle était enfant.
Mulder n'est qu'un jeune homme qui essaie désespérément de découvrir ce qui est arrivé à sa sœur. Ce côté vulnérable du personnage est ce qui fait de lui un personnage profond et non un personnage plat comme tant d'autres à la télévision. Mulder est un véritable être humain auquel on peut vraiment s'identifier en tant que spectateur. Même s'il s'agit d'une série sur les extraterrestres et les monstres, les thèmes sont réels et la première saison, avec son petit budget, est parfaite pour cela.

Réalisme


Une fois encore, l'épisode est ancré dans le réalisme. Au début de l'épisode, la section Blevins, chef du FBI, explique à Scully que Mulder a rempli un formulaire dédié (nommé 302). Mulder remplit en fait une demande pour de futurs frais de voyage. Il demande officiellement au Bureau d'attribuer un numéro de dossier à une nouvelle enquête. Vous imaginez ça ? Dans les dernières saisons, Mulder et Scully se lançaient tout simplement dans la prochaine quête de science-fiction sans même le demander. Ce niveau de réalisme des premières saisons est très positif. On peut parfois l'oublier, mais X-Files est une série policière, même si se déroulant aux frontières du réel.

Darlene Morris


Le personnage de Darlene Morris est excellent. Magnifiquement interprété par Carrie Snodgress (décédée le 1er avril 2004). Au début, Mme Morris est surprise de voir le FBI s'intéresser à la disparition de sa fille.
Ce qui se passe ensuite est très intéressant. Grâce à l'enquête de Mulder, Mme Morris voit sa vie encore plus détruite, avec l'apparition de la CIA.

Angles multiples


Au début, nous pensons tous que la jeune femme a été enlevée par des extraterrestres. Mais ensuite, on commence à comprendre que cette fille n'était pas si prude après tout. Le shérif dit à Mulder et Scully qu'elle n'était pas du tout la fille parfaite. Cela m'a rappelé un peu Twin Peaks, quand on réalise lentement que Laura Palmer n'était pas cette fille si innocente après tout.

Fin et musique


La fin de cet épisode est aussi belle que celle de Deep Throat, deux épisodes auparavant. Elle est même atrocement belle. Juste après que Mme Morris ait refusé que Mulder interroge sa fille revenue à la maison, il part abattu. On découvre ensuite Scully écouter la cassette d'hypnose de Mulder, qui parle de sa sœur enlevée.
Mark Snow a composé un thème merveilleusement beau (et c'est une chose rare, car il composera rarement un thème dédié aux épisodes suivants). Cette scène, avec cette belle musique, cette belle écriture et ce beau jeu d'acteur et de mise en scène, en fait l'une des scènes les plus émouvantes de la série. On sent que Mulder ne veut pas parler ouvertement de sa sœur enlevée, car ce sujet lui est trop proche. Scully sent également qu'elle ne peut pas en parler ouvertement avec lui. Cela rend l'épisode très réaliste et magnifiquement émouvant. Voici le magnifique dialogue :

Fox Mulder : Je ne peux pas bouger. Alors je ne bouge pas. Je reste allongé dans le lit.
Dr. Heitz Werber : Pouvez-vous voir votre soeur ?
Fox Mulder : Non, mais je peux l'entendre.
Dr. Heitz Werber : Que dit-elle ?
Fox Mulder : Elle appelle mon nom, encore et encore. Elle m'appelle à l'aide. Mais je ne peux pas l'aider. Je ne peux pas bouger.
Dr. Heitz Werber : Avez-vous peur ?
Fox Mulder : Je sais que je devrais, mais je n'ai pas peur.
Dr. Heitz Werber : Savez-vous pourquoi ?
Fox Mulder : À cause de la voix.
Dr. Heitz Werber : La voix ?
Fox Mulder : La voix dans ma tête.
Dr. Heitz Werber : Qu'est-ce qu'elle vous dit ?
Fox Mulder : De ne pas avoir peur. Elle me dit qu'aucun mal ne lui sera fait et qu'un jour elle reviendra.
Dr Heitz Werber : Vous croyez la voix ?
Fox Mulder : Je veux croire.


Verdict


Même si l'épisode n'est pas un chef-d'œuvre comme l'étaient les trois premiers épisodes, cela reste un épisode superbe et réaliste. Je lui donne 8 sur 10.

S01E05 : The Jersey Devil


The Jersey Devil est le premier mauvais épisode de la série. Et il est même très mauvais. Il est intéressant de noter que lorsqu'un épisode de X-Files est mauvais, il est généralement assez mauvais et pas seulement moyen. En essayant de trouver une nouvelle histoire paranormale chaque semaine, certaines peuvent être bonnes et d'autres exceptionnellement mauvaises.

Scène d'ouverture


La scène d'ouverture n'est pas terriblement mauvaise, mais elle est très cliché et pas vraiment crédible. La famille des années 50 (1947 précisément), chantant des chansons dans la voiture tandis que le père porte un chapeau... Puis, après avoir essayé de réparer un pneu crevé au milieu de la nuit (et au milieu d'une forêt), le père se fait assassiner. La mise en scène n'est pas très intéressante et même ennuyeuse.
Cela ressemble au tournage ennuyeux d'un conte populaire.

Conte populaire


En fait, l'épisode lui-même n'est rien de plus qu'un conte populaire. Dès la quatrième minute, on sait déjà exactement (ce) qui a tué ces hommes. Un humain. Mulder saute sur son siège et pense instantanément au Diable du New Jersey. C'est terminé, affaire classée !
Il n'y a pas la moindre enquête. Mulder essaie juste de rencontrer la créature... et puis c'est tout.
L'histoire de cet épisode aurait néanmoins pu être intéressante, avec Mulder passant du temps dans la forêt, à la recherche d'un monstre potentiel vivant dans les bois. Mais, malheureusement, l'histoire ne fonctionne pas pour une raison simple et évidente : le soi-disant monstre est simplement une jeune femme frêle vivant dans les bois. Comme elle n'a pas de capacités paranormales particulières, le public ne s'en soucie guère et n'a pas peur du tout. Nous ne pouvons tout simplement pas croire qu'une équipe du SWAT est envoyée pour arrêter une adolescente maigrichonne.

Mauvais flic


Nous serons habitués à voir Mulder et Scully interférer dans une enquête policière et se montrer désagréables avec les autorités locales. Celui-ci est l'un des pires exemples de tous les temps. Le policier local joue de façon si excessivement colérique que cela en devient risible. C'est particulièrement visible lorsqu'il apparaît pour la première fois et dit superbement : "Je ne me souviens pas que quelqu'un ait appelé leeeeee.... FBI à ce sujet !" (yeux furieux).

La philosophie de comptoir


Et le pire, c'est lorsque Mulder et Scully commencent à discuter de l'évolution humaine avec un professeur d'anthropologie, et encore après. Ces dialogues sont très mal écrits et semblent bon marché. Voilà ce qu'aurait pu être la série sans ambition. D'abord, Mulder et Scully rencontrent un professeur et parlent pendant environ cinq minutes de choses aléatoires sur la chaîne alimentaire et le cycle de vie. Mais encore pire, lorsque Mulder et Scully sont à la recherche du monstre, ils commencent à avoir l'un des pires dialogues de la série :
Fox Mulder : Et si c'était une femme, Scully ? A quel point est-elle proche de toi et moi ? Ressent-elle des émotions ? Ou bien passe-t-elle ses journées à... chercher de la nourriture ?
Dana Scully : Elle passe peut-être ses journées à faire du shopping.
Fox Mulder : Huit millions d'années hors d'Afrique, je ne pense pas que nous soyons si différents.
Dana Scully : Mulder, nous avons envoyé des hommes dans l'espace. Nous avons construit des ordinateurs qui fonctionnent plus vite que l'esprit humain.
Fox Mulder : Pendant que nous surpeuplons le monde, et créons de nouvelles technologies pour nous entretuer avec. Peut-être que nous ne sommes que des bêtes avec de gros cerveaux.
Dana Scully : ...
Fox Mulder : Quoi ?
Dana Scully : Non, je pensais juste à la fête d'anniversaire de mon filleul. Huit petits garçons de six ans qui courent partout. Tu parles d'un comportement primitif.

Je pense que ça résume tout en termes de mauvais dialogues.

Vie privée


Entre-temps, une chose intéressante est que Chris Carter a essayé par deux fois de créer une histoire secondaire avec la vie privée de Scully. Dans l'épisode pilote, Scully a un petit ami - petit ami que nous ne voyons jamais, car ses deux (mauvaises) scènes ont été coupées de l'épisode. Dans celui-ci, Scully assiste à la fête d'anniversaire de son filleul, puis a un rendez-vous galant. Bien que cela donne à la série un sentiment de réalisme, qui est extrêmement important et visible dans la première saison (par exemple, Mulder remplit des documents pour louer une voiture), cela ne fonctionne clairement pas. Comment pourrions-nous passer du temps à regarder des histoires effrayantes avec des meurtres effrayants et passer soudainement à une scène où Scully est en robe fantaisie et parle du Cirque du Soleil ? (En fait, ils ne parlent pas du Cirque du Soleil dans cette scène, mais vous avez compris).
Globalement, cela ressemble à une somme nulle. Personne ne gagne. Soit nous avons des personnages tellement obsédés par leur travail que cela en devient irréaliste, soit nous avons des personnages réels mais les histoires deviennent moins intéressantes et les enjeux moins importants. Il est clair que l'absence de vie privée gagne de loin. Un dernier effort sera fait dans cette saison, où Mulder rencontre une ex-copine. Le résultat sera là aussi totalement décevant et marquera la fin de ces tentatives vouées à l'échec. Carter a résolument fait le bon choix en arrêtant ces scènes et en se concentrant simplement sur une bonne narration, tout en mettant de côté les histoires personnelles secondaires. C'est également une démarche originale à une époque où les séries télévisées se concentraient définitivement sur la vie privée de leurs personnages principaux.
En même temps, il aurait peut-être été possible d'écrire une vie privée pour Mulder et Scully. Mais quand il s'agit d'écrire une romance, Chris Carter est aussi bon que Marilyn Manson pour écrire un opéra classique. Son écriture est très immature et pas du tout réaliste. Espérons pour nous qu'il sera très rare pendant les premières saisons.

La recherche de la bête !


Une des pires scènes est celle où l'on voit la formation de l'Agence tous risques, à la poursuite de la bête ! L'agence tout risque est ironiquement formée de Mulder, Scully, le ranger et le professeur. Ils entrent par hasard dans un bâtiment, dans l'espoir de trouver la bête.
Mulder et Scully y ont leur horrible scène de dialogue sur l'Afrique et les espèces. Et puis, l'un des pires moments est celui où Mulder et Scully (même s'ils sont séparés de quelques minutes) sautent tous les deux avec un back-flip dans une scène. C'est très mauvais.

Une bonne scène


Un commentaire positif cependant, la dernière scène entre Mulder et Scully est très touchante et définit très bien l'engagement de Scully à concentrer sa vie sur son travail avec Mulder.
Dans l'épisode précédent, Scully s'engage à travailler dans la section FBI de X-Files. Dans celui-ci, Scully renonce formellement à avoir une vie à elle. Même si l'atmosphère de la scène est très émouvante, c'est en fait une scène extrêmement triste.
Ce sera la seule bonne scène de l'épisode, qui se termine sur une fin ouverte très mauvaise et très cliché.

Verdict


Dans l'ensemble, je donne un 2 sur 10 à cet épisode, qui est le premier mauvais épisode de la série.

S01E06 : Shadows


Cet épisode a une mauvaise réputation. Certes il n'est pas très bon et a de nombreux défauts. J'en veux pour preuve cette scène où Mulder et Scully découvrent les corps. Elle est tellement mauvaise qu'on se sent vraiment nerveux pour eux. Les deux personnages en face d'eux, qui ne disent pas un mot, sont particulièrement inutiles. Cela ne fonctionne tout simplement pas.
De plus, lorsque Mulder et Scully parviennent enfin à quitter la pièce, la lumière est épouvantable.
En plus, dès le début, Mulder connaît toute l'histoire. Il sait que c'est un fantôme. Quel est l'intérêt de continuer à regarder l'épisode, alors ?
Quant à elle, Scully n'est pas vraiment productive dans cet épisode. Elle passe son temps à harceler Mulder et à se moquer de lui.
De plus, Mulder et Scully sont de très mauvais espions. Ils se contentent de s'asseoir dans une voiture, à trois mètres de la personne qu'ils espionnent, avec un énorme appareil photo. Presque la même chose au cimetière.

Sans ambition


Même si l'actrice principale livre une excellente performance, l'histoire manque d'ambition et d'envergure. Ce fantôme n'a rien d'original, et surtout pas sa façon d'agir, en faisant de petites choses comme fermer une porte ou allumer les phares d'une voiture.
De plus, le fait qu'elle se déroule dans un environnement d'entreprise est particulièrement peu attrayant et finalement ennuyeux. Qui a envie de voir un épisode se déroulant au bureau ?
Après les quatre excellents épisodes d'ouverture de la série (Pilot, Deep Throat, Squeeze et Conduit), Shapes fait partie des trois mauvais épisodes qui suivent (The Jersey Devil, Shapes, Ghost in the Machine).

Verdict
Il s'agit clairement d'un épisode oubliable. Je lui donne une note de 3 sur 10 (mauvais). Mais je n'irais pas jusqu'à lui donner la note 2 (Très mauvais). Il peut se laisser regarder, selon l'humeur du jour.

S01E07 : Ghost in the Machine


Après le mauvais épisode Shadows, nous sommes confrontés une fois de plus à un autre épisode se déroulant dans le milieu de l'entreprise. Quand on mélange ce milieu avec la technologie, surtout dans les années 90, on obtient tout simplement un des pires épisodes de la série, avec des répliques stupides sur des esprits débraillés, la machine qui dit "fichier supprimé" ou "fichier ouvert", etc.
Le pire est clairement la seconde moitié de l'épisode, lorsque Mulder et Scully font une expédition dans le bâtiment EURISKO. Scully fait des bêtises dans le conduit d'aération tandis que Mulder participe à une séquence stupide avec la révélation terriblement mauvaise du concierge du bureau. "Pas mal, agent Mulder !". Comme c'est nul.

Après l'épisode où Tom Colton, un ami de Scully, demande de l'aide (Squeeze), cette fois, c'est un ami de Mulder qui demande de l'aide. Ça sent déjà le réchauffé, après seulement sept épisodes.

Cheap


L'épisode semble extrêmement bon marché. Par exemple, la fausse photo de la ligne d'horizon à l'extérieur de la fenêtre de l'entreprise. De même, à un moment donné, Scully tape un rapport sur son ordinateur personnel. Doit-on croire qu'elle a Internet en 1993 ? Ce serait la seule possibilité pour le programme COS de se connecter à son ordinateur.
Écrire sur la technologie est toujours un défi. Non seulement c'est extrêmement difficile, mais tout film sur la technologie vieillit souvent assez mal. Ici, tout est mauvais. A un moment, Brad Wilcheck dit au programme COS, "Vous n'êtes pas équipé d'un synthétiseur vocal", comme si ce programme des années 1990 allait automatiquement développer son propre système. D'une certaine manière, l'épisode était peut-être trop en avance sur son temps.
À noter que le personnage de l'ingénieur est au-delà du cliché. Et l'acteur joue si mal ses horribles répliques.

Du positif


Mais dans cette première saison, même un mauvais épisode contient des aspects positifs :
- Par exemple, une fois de plus, cette saison est ancrée dans le réalisme, ce qui est vraiment une excellente chose. Par exemple, Mulder et Scully achètent des sandwichs dans les étages du FBI où arrive l'ami de Mulder. Plus tard, Mulder et Jeremy se disputent, tandis que d'autres agents regardent mais sans trop en faire. Ce réalisme est important et disparaîtra lentement au cours des saisons suivantes.
- À 23 minutes, il y a une belle bande son de Mark Snow, qui apparaît sur la bande sonore The Truth and the Light. Mark Snow réutilise également le thème de Deep Throat dans la dernière scène. Il y a une telle nostalgie quand ce personnage est à l'écran. Il était vraiment le meilleur second personnage de toute la série.

Verdict


Mais dans l'ensemble, Ghost in the Machine fait clairement partie des dix pires épisodes de la série, haut la main. Il est aussi mauvais que son titre. Je lui donne la note de 1 sur 10 (au-delà du mauvais).

S01E08 : Ice




Ouverture époustouflante


Ice s'ouvre sur une séquence visuellement époustouflante, qui est l'une des meilleures séquences d'ouverture de la série. Elle est particulièrement violente et intéressante. Comme d'habitude, la plupart des épisodes de la série sont soit très bons, soit très mauvais, et on le voit dès le début. Soit ça fonctionne à merveille, soit ça échoue lamentablement. Il est rare que les épisodes se situent entre les deux. C'est particulièrement vrai ici, sachant que Ice se situe entre Ghost in the Machine et Space, deux des pires épisodes de la série.

Épisode isolé


Visuellement bluffant, l'épisode nous embarque dans un voyage sur un lieu isolé, ce qui est une nouveauté pour la série. Cela deviendra une tradition plus tard, avec des épisodes comme Darkness Falls, Firewalker, Dod Kalm, Agua Mala, Roadrunners (dans une certaine mesure), Vienen et John Doe (également dans une certaine mesure).

Personnages


Tous les personnages de l'épisode sont très bien construits et interprétés. Ils ont chacun un tempérament et une attitude et apparaissent comme des personnages construits pour le cinéma.

Atmosphère


L'atmosphère est brillante et totalement paranoïaque, allant jusqu'à voir Mulder et Scully se tirer presque dessus et se mettre en colère l'un contre l'autre pour la toute première fois. David Duchovny, qui donne habituellement des performances discrètes, livre dans Ice une grande performance. Il n'est jamais aussi bon que lorsque les enjeux sont élevés et qu'il est en colère.

Verdict


Un épisode classique. 10 sur 10. À voir et à revoir.

S01E09 : Space


Cheap


Cheap est le premier mot qui vient à l'esprit. Si vous voulez écrire une histoire remplie de fusées spatiales, il vaut mieux être capable d'en filmer au moins une. Ici, le mauvais choix a été d'inclure des images de vols spatiaux de très mauvaise qualité tout au long de l'épisode.
De plus, la salle de mission de contrôle semble trop bon marché. On n'y croit pas.
Mais un faible budget ne peut pas justifier la réalisation. Même lorsque nous ne voyons pas d'images enregistrées de l'espace, les effets spéciaux sont horribles. Tout simplement horribles. Par exemple, lorsque la femme qui demande de l'aide à Mulder et Scully a un accident de voiture, c'est très mal filmé, comme une très (très) mauvaise série télévisée.

Mulder puéril


Deuxième point, Mulder se comporte dans cet épisode comme un enfant. C'est tellement mauvais que c'en est souvent drôle, par exemple lorsque Mulder applaudit comme un enfant dans la base aérienne.

Colonel Belt


Enfin, l'acteur jouant le Colonel Belt ne donne pas du tout une performance subtile. Je peux convenir que ses répliques sont assez mauvaises, mais la façon dont il agit est extrêmement pénible à regarder. Il est de loin le pire personnage de la première saison pour le moment, avec Brad Wilcheck (Ghost in the Machine).

Verdict


Dans l'ensemble, Space est tout simplement l'un des pires épisodes de toute la série ; Chris Carter le reconnaissant lui-même. Ridicule épisode donc, auquel je donne la note de 1 sur 10 sans aucun doute. Plus que mauvais.

S01E10 : Fallen Angel




Énergique !


Le début de l'épisode est extrêmement énergique ! C'est le premier épisode de X-Files dont le rythme ressemble à celui d'un thriller. Dès la première seconde, on assiste à une explosion, on voit un général militaire activer une opération secrète. On voit ensuite Fox Mulder courir dans les locaux afin de découvrir la vérité. Quel début d'épisode ! La série montre rapidement ses qualités de long métrage Hollywoodien.

Bande-son


Avec une nouvelle apparition de Gorge Profonde, Mark Snow compose une bande son très proche de celle de l'épisode Deep Throat.

Max Fenig


Une fois que le rythme baisse, nous avons la chance de rencontrer un nouveau personnage nommé Max Fenig. Après les très mauvaises performances des acteurs jouant Brad Wilcheck dans Ghost in the Machine, ou le Colonel Belt dans Space, c'est un plaisir de voir un merveilleux acteur tel que Scott Bellis, jouant à merveille le rôle de Max Fenis. La façon dont il incarne le personnage est à la fois nostalgique, drôle, sauvage et finalement touchante. À noter que j'ai eu plusieurs fois la chance d'échanger avec l'acteur, qui m'a mentionné avoir eu énormément de plaisir à jouer ce rôle et en garde d'excellents souvenirs.

Scully
Après avoir servi à peu près à rien pendant quelques épisodes, Dana Scully est enfin de retour et essaie de faire entendre raison à Mulder, pour avoir enfreint le protocole. C'est grâce à elle que l'on croit réellement à cette enquête sérieuse. Grâce à elle, nous comprenons la gravité des allégations contre Mulder.

La résolution


L'acte de résolution de l'épisode est également brillant. Max Fenig est seul avec Mulder dans le dépôt, alors que des militaires les entourent.
On assiste alors à l'une des plus belles scènes d'enlèvement de toute la série. Les effets spéciaux sont exceptionnels. Tout simplement sublimes, avec Max emparé par une force mystérieuse et flottant dans les airs.

Épilogue exceptionnel


L'épilogue de l'épisode est tout bonnement exceptionnel, avec sans aucun doute le meilleur monologue de Fox Mulder, toujours aussi bon lorsqu'il est face à des conspirations et demandant la vérité.

Mulder: Que puis-je donc dire ? Comment puis-je mettre à jour des mensonges qui sont estampillés par un tampon officiel ?
Chef de section McGrath : Ce sera tout, M. Mulder.
Mulder : Vous pouvez nier toutes les choses que j'ai vues, toutes les choses que j'ai découvertes, mais plus pour longtemps parce que trop de gens savent ce qui se passe. Et personne, aucune agence gouvernementale, n'a de juridiction sur la vérité.


Les enjeux étaient extrêmement élevés dans cet épisode. Et maintenant, on comprend pourquoi la section des affaires non-classées est toujours ouverte. Gorge Profonde protégeait Mulder. Mais on comprend tout de même que Mulder et Scully vont devoir se battre pour leur section afin de pouvoir continuer à enquêter et poursuivre leur quête de la vérité.

Verdict


Un épisode exceptionnel. 9/10.

S01E11 : Eve




L'histoire


Deux petites filles au physique en tout point identique sont chacune retrouvée avec leur père étrangement assassiné.

Un excellent épisode


Eve est un excellent épisode pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la série ne dispose pas d'un budget énorme, ce qui lui donne un aspect extrêmement réaliste. Je pense qu'à mesure que X-Files deviendra plus grand, elle perdra ce qui la rendait géniale.
Deuxièmement, l'histoire des deux petites filles est à la fois très intéressante et effrayante. C'est un scénario que Steven King aurait facilement pu écrire.
Et comme c'est le cas dans de nombreux épisodes de la saison 1, Gorge Profonde fait toujours de belles apparitions, même dans les épisodes qui ne font pas partie de la mythologie.

Verdict


Je lui donne un 7 sur 10. Excellent.

S01E12 : Fire


Concept intéressant


Le concept de quelqu'un capable de produire du feu à volonté est très intéressant. Il fournit également un excellent moyen de montrer le feu, qui est un élément stupéfiant à regarder. Néanmoins, cet épisode est basé sur un scénario médiocre et immature.

Phoebe Green


Le personnage de Phoebe Green aurait dû être entièrement abandonné. Le scénario de Fire est en fait très sexiste. Pas à dessein, je n'oserais pas, mais la façon dont ce personnage féminin est écrit est totalement immature ; comme si un adolescent l'avait écrit.
Dès son arrivée, elle embrasse Mulder sur les lèvres, parle de relations sexuelles antérieures, puis embrasse encore un autre homme.

Verdict


Fire est l'un des pires épisodes de la première saison, mais il n'est pas aussi mauvais que Space. Je lui donne un 2 sur 10.

S01E13 : Beyond the Sea




J'ai eu le privilège de revoir Beyond the Sea dans une salle de cinéma, présenté par Chris Carter lui-même – toujours en short. Et ce n'est pas un hasard si cet épisode a été choisi par Chris Carter, car c'est l'un des meilleurs épisodes de toute la série.

Gillian Anderson


Dans cet épisode, Gillian Anderson offre une magnifique performance et brille tout simplement. Pour la première fois, cet excellent scénario lui permet de révéler son véritable potentiel en tant qu'actrice. C'est cet épisode qui convaincra la Fox de garder de façon permanente l'actrice, qui jusque là n'était pas une certitude pour le studio – l'actrice ne faisant pas partie des codes habituels (blonde pulpeuse).

Brad Dourif


Bien sûr, la majeure partie de l'épisode repose sur Brad Dourif, qui offre une performance de cinéma. On est loin des frontières de la télévision ici.

Mise en scène


Enfin, David Nutter a magnifiquement réalisé cet épisode. Et ce n'est pas une surprise, après avoir réalisé le classique Ice. Il n'est pas étonnant de voir que Nutter aura une carrière impressionnante, réalisant certains des meilleurs épisodes de Game of Thrones.

Verdict


Pour toutes ces raisons, je donne à cet épisode un 10 sur 10. Beyond the Sea est un chef-d'œuvre classique.

S01E14 : Gender Bender


Début intéressant


Le début de l'épisode est définitivement intéressant, ainsi que le thème de l'épisode lui-même : un tueur qui peut changer de sexe et qui tue lors de rapports sexuels, sorte de Basic Instinct paranormal. Mais malheureusement, dès que Mulder et Scully rendent visite à la communauté, l'épisode devient particulièrement mauvais. Mulder et Scully dînent avec la communauté, tout en posant des questions. Et l'épisode s'arrête pour moi lorsque dans ce dîner, l'un des convives décèdent, sans que personne ne bouge le petit doigt.

À noter néanmoins le premier épisode réalisé par Rob Bowman, qui deviendra l'un des réalisateurs attitrés de la série et qui ira jusqu'à réaliser le premier long métrage tiré de la série.

Verdict


Un véritable ratage. J'y donne la note de 2/10.

S01E15 : Lazarus


Au début, je me souviens que je n'avais pas particulièrement apprécié cet épisode. Il n'y a pas beaucoup de lumière dans cet épisode. En effet, c'est un épisode très sombre. La mise en scène de David Nutter est similaire à celle de Ice. Le ton de l'épisode est particulièrement sombre, ce qui est toujours un point positif dans The X-Files.

Histoire réaliste


Ce que j'ai le plus apprécié, c'est que l'histoire est très réaliste, ce qui signifie que le phénomène paranormal n'est pas trop farfelu.

Jack Willis


De plus, Christopher Allport (décédé le 25 janvier 2008) offre une performance très solide dans le rôle de l'agent Jack Willis/tueur.

Vieilles connaissances


La première saison est celle des vieilles connaissances. D'abord, dans Squeeze, nous faisons la connaissance de Tom Colton, un ami de Scully. Dans Ghost in the Machine, on fait la connaissance d'un ami de Mulder. Dans Fire, on rencontre Phoebe Green, l'ex-petite amie de Mulder. Et maintenant, dans Lazarus, on rencontre Jack Willis, un ex-petit ami de Scully. Cela fait beaucoup en seulement quelques épisodes.
Mais comme il ne s'agit que de la première saison, les scénaristes ont la possibilité de faire ce qu'ils veulent. Comme nous découvrons les personnages de Mulder et Scully, nous ne pouvons que trouver cela naturel (pour l'instant).

Mulder ennuyeux


Une chose que je n'ai pas appréciée cependant, Mulder est particulièrement agaçant dans cet épisode. Dès la première minute, il sait tout tout de suite. Le moment le plus stupide est lorsqu'il est sur une scène de crime et qu'il est sûr que la victime regardait la télé (parce qu'il n'a pas de livres...) et qu'il trouve ensuite une autre empreinte digitale sur le poste de télévision. Un peu trop simple.

Verdict


Un épisode discret, mais que je trouve quand même bon. Je lui donne un petit 6 sur 10.

S01E16 : Young at Heart


Lazarus II


Ironiquement, ma critique est exactement la même que pour l'épisode précédent, Lazarus. Les deux épisodes sont exactement les mêmes. Ils ont ce look très sombre de la première saison. Et leur thème, même s'il est paranormal, n'est pas entièrement fantastique et s'ancre dans une forme de réalité.
Quand j'étais enfant, je trouvais ces deux épisodes très ennuyeux. Avec l'âge et (j'espère) une forme de maturité, je les aime en fait beaucoup désormais.
Mais contrairement à Lazarus, Mulder est cette fois-ci vraiment intéressant et, pour une fois, la backstory écrite pour l'un des personnages principaux est vraiment intéressante (le contraire de Fire). En effet, nous faisons un bond en arrière dans la carrière professionnelle de Fox Mulder, lorsqu'il travaillait dans la section des crimes violents.

Musique


Pour la toute première fois dans la série (au bout de 16 minutes), Mark Snow utilise des voix dans sa musique, dans une nouvelle facette musicale de la série. C'est un effet très puissant qui nous apporte une atmosphère à la fois interstellaire et religieuse. Mark Snow nous emmène littéralement au-delà du domaine de la réalité. Il suffit de remettre l'épisode au bout de 16 minutes et de se laisser guider par la musique.

Verdict


Je lui donne 6 sur 10. Très bien.

S01E17 : E.B.E.




L'histoire


Deep Throat prend contact avec Fox Mulder afin de le mettre sur une piste qui pourrait le mener à la découverte d'un pan important de l'existence d'une forme de vie extraterrestre. Néanmoins, rapidement Scully se rendra compte que Mulder est manipulé par Deep Throat, qui, pour la première fois, semblent avoir de mauvaises intentions.

Paranoïa


E.B.E. est un épisode particulièrement paranoïaque, ce qui marquera un élément important de la série. Comme le dira Deep Throat dans ses dernières paroles de la saison, ne faites confiance à personne. C'est bien la situation dans laquelle se trouveront Mulder et Scully dans cet épisode très intéressant qui, pour la première fois, nous montrera Fox Mulder se balader dans une base militaire secrète. C'est vraiment génial à voir et donne un sentiment d'urgent passionnant, la vérité semblant à bout portant.

Deep Throat


Comme d'habitude, toutes les scènes avec Deep Throat sont merveilleuses. J'aime particulièrement celle qui se déroule devant l'aquarium, lorsque Deep Throat et Mulder discutent avec le passage de requins devant eux. À noter que j'ai eu la chance de visiter ce fameux aquarium à Vancouver et me suis trouvé à l'endroit exact de cette scène. Un requin ayant une espérance de vie entre 20 et 30 ans, et si c'était ce même requin qui était passé devant moi ? Laissez-moi rêver.
Parallèlement, cet épisode nous apprend pourquoi Gorge Profonde aide Mulder. Il est hanté depuis qu'il a été forcé de tuer une entité biologique extraterrestre (E.B.E., comme en anglais même si les "E" sont invertis). Il veut expier son crime. C'est une histoire merveilleuse qui prend tout son sens.

Verdict


Cet épisode est bon. On peut voir que la série avait un budget très faible à l'époque, mais même avec ça, ils ont fait un épisode plutôt bon. Jerry Hardin est, comme d'habitude, génial et le Mulder a toujours une manière d'être réaliste. Cet épisode n'est pas du tout superficiel. Je lui donne un 8 sur 10.

S01E18 : Miracle Man


L'histoire


Mulder et Scully enquêtent sur un jeune homme qui dit avoir des dons de guérisseur lui ayant été transmis par Dieu lui-même.

Mauvais dès le début


L'épisode est très mauvais dès la première seconde. La scène où le garçon réanime le mort est vraiment mauvaise. Je pense que le principal problème de l'épisode est que dès la première seconde, nous savons que le garçon a des capacités paranormales. Dès lors, quel est l'intérêt de devoir passer par cet épisode ? Il aurait été beaucoup plus intéressant de jouer avec le public, en essayant de deviner si le garçon est un imposteur ou non. Idéalement, le spectateur doit faire partie de l'enquête policière et faire partie de l'histoire. Ici, le spectateur est relégué au rang de témoin inutile.
De loin, je pense que Miracle Man est l'épisode le plus ennuyeux de la première saison. Il n'est tout simplement pas divertissant du tout.

Samantha


Le seul aspect qui sauve l'épisode du désastre est le thème de Samantha. Il est dommage que le premier véritable épisode dans lequel Mulder cherche la vérité sur sa sœur enlevée le soit en posant des questions à ce garçon sacré, qui n'a bien sûr rien à voir et n'a aucun moyen de savoir quoi que ce soit à ce sujet.

Verdict


Un très mauvais épisode. Le premier épisode basé sur la foi, un thème qui sera souvent traité de manière très immature et répété à maintes reprises. Je donne la note de 2 sur 10.

S01E19 : Shapes


L'histoire


Mulder et Scully enquêtent sur des terres indiennes, où un meurtre semble avoir été commis par un loup-garou.

Un raté complet


Tout d'abord, l'histoire de Shapes est l'une des moins originales de toute la série. C'est l'histoire d'un loup-garou. Et c'est tout.
Deuxièmement, l'épisode est bourré de clichés sur les Indiens. C'est l'exact opposé du traitement des Indiens du très bel épisode Anasazi (S02E25).
Troisièmement, les effets spéciaux (si on peut les appeler ainsi) sont tellement mauvais qu'ils en deviennent risibles.

Verdict


Shapes est pour moi l'un des trois pires épisodes de la première saison, avec Space et Fire. J'y donne la note de 1 sur 10. Passez votre chemin.

S01E20 : Darkness Falls


Le prégénérique


Des bucherons partent précipitamment de leur campement, effrayés par de mystérieuses créatures apparaissant la nuit.

Un classique


Darkness Falls est l'un des dix meilleurs épisodes de toute la série. Après le sublime Ice, Darkness Falls est le deuxième épisode de toute la série qui se déroule dans un lieu éloigné. Mais le bon côté des choses, c'est qu'il ne se déroule en fait pas dans un seul endroit.

Mulder et Scully


Mulder et Scully sont tous deux magnifiquement représentés dans cet épisode. Leur duo fonctionne à merveille et selon les précepts originaux de la série. Mulder est croyant (parfois naïf) tandis que Scully est sceptique (parfois rabat-joie). Mais chacun des deux fera avancer l'histoire d'une manière parfaite.

Suspense


L'épisode est rempli de suspense. Et plus l'épisode avance, plus le suspense augmente.

Musique


La partition de Mark Snow est également sublime.

Verdict


Tout simplement un chef-d'œuvre. 10/10

S01E21 : Tooms





Étrangement, pour une série mythologique, X-Files ne resortira que très rarement des cartons des anciens monstres. Ici, pour notre plus grand plaisir, c'est le monstre le plus connu et reconnu de la série qui revient, je veux parler de Eugène Victor Tooms, bien sûr.
Cet épisode marque également l'introduction du personnage de Walter Skinner, supérieur hiérarchique de Mulder et Scully et qui aura, tout au long de la série, une relation ambigüe, à savoir tantôt sermonneur, tantôt soutient. Son apparition marque une sorte de retour à la réalité bien apprécié. En effet, cela faisait longtemps que Mulder et Scully n'avaient pas été réprimandés par la hiérarchie du FBI. Cela fait vraiment du bien de redonner un sens à la réalité.

Une réalité irréelle


Il est intéressant de noter que lorsque le chef de section Scott Blevins s'approche de Scully, cela semble très vrai. Ici, Skinner et l'Homme à la cigarette ressemblent vraiment au début du phénomène de la culture pop X-Files. C'est à la fois faisant partie de la mythologie de la série, mais amènera également un côté trop Hollywoodien et moins réaliste.

Verdict


Pas aussi bien que Squeeze, mais néanmoins très bon. 8/10.

S01E22 : Born Again


Laissez-moi commencer par dire que je pense que Born Again n'est pas un mauvais épisode. Bien sûr, il n'est certainement pas génial, ni même bon, d'ailleurs. Mais il est très bien produit et il n'y a pas de scènes stupides, comme il peut y en avoir dans les mauvais épisodes de la série. Bien que la fin soit assez inintéressante et incroyable.
L'épisode est extrêmement similaire à Shadows. Il a le même ton, la même histoire peu originale et la même fin.

Verdict


Un épisode de faible qualité, mais tout de même bien construit. Je lui donne un 4 sur 10.

S01E23 : Roland


Des meurtres originaux


La scène d'introduction de Roland est classique. J'aime tout simplement regarder ce scientifique se retrouver enfermé dans cette pièce et s'accrochant pour éviter de se faire broyer par le réacteur. Tout simplement génial et très visuel.
Non seulement le premier meurtre est extrêmement original et amusant à regarder, mais le second est tout aussi brillant. On peut voir que Roland ne veut pas tuer le scientifique, mais qu'il le fait quand même. Et le fait que la tête soit mise dans de l'hydrogène puis jetée sur le sol pour exploser est vraiment effrayant.

Mulder et Scully


Une fois de plus dans la première saison, la relation entre Mulder et Scully est parfaite. Lorsque nous les voyons pour la première fois dans l'épisode, Mulder interroge Scully sur le mariage auquel elle a assisté. Lorsqu'on lui demande si elle a attrapé le bouquet, elle répond simplement "peut-être" et pose directement des questions sur l'affaire sur laquelle ils travaillent. Efficace.

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Pour la première fois dans la série, Mulder ou Scully (Mulder dans ce cas) va deviner au hasard un mot de passe et le trouver presque instantanément. Malheureusement, ce ne sera pas la seule fois dans la série. C'est vraiment un stupide gadget d'écriture d'un autre siècle.

Željko Ivanek


La première fois que j'ai regardé Roland, j'ai cru que l'acteur qui jouait le rôle était réellement handicapé mental. La performance de Željko Ivanek est tout simplement étonnante. Il joue le rôle d'une manière très subtile et très émouvante.

Musique


Fait assez rare, Mark Snow a composé un thème pour le personnage de Roland. C'est particulièrement intelligent et original. La plupart des compositeurs se contenteraient de produire une bande-son sombre et énergique. Pas Mark Snow - du moins pas dans la première saison de The X-Files. La bande-son est à la fois très sombre et très émouvante.

Verdict


Pas un grand épisode, mais un très bon épisode avec quelques moments agréables et une performance parfaite de Željko Ivanek. 6 sur 10.

S01E24 : The Erlenmeyer Flask




L'excellent R. W. Goodwin


Le rythme de la première saison de The X-Files est clairement lent. Et je ne dis pas ça comme une critique. Je pense que c'était l'une des forces du début de la série.
Ainsi, après des épisodes très lents comme Born Again et Roland, la scène d'introduction de The Erlenmeyer Flask est étonnamment rapide et palpitante ! On sent qu'il se passe quelque chose dans la mise en scène. Et ce quelque chose, c'est R. W. Goodwin. C'est le tout premier épisode réalisé par lui et je crois vraiment qu'il a eu un effet très profond sur la série.
Au bout de 27 minutes, il y a un plan exceptionnel de Dolly Zoom. Cela marque le moment où Fox Mulder voit enfin un alien – même si en fait un hybride humano-extraterrestre.

Au-delà du réel


Pour la toute première fois également, l'épisode va aller de l'avant et briser ses propres limites pour devenir beaucoup plus grande. L'un des indices visuels se trouve dans le générique de début, où le slogan The Truth Is Out There (La vérité est quelque part par-là – et non La vérité est ailleurs, même si l'on ne peut reprocher aux traducteurs d'avoir dû proposer une traduction différente, vu l'impossibilité d'une bonne traduction exacte) est remplacé par Trust No One (Ne faites confiance à personne). La série va démarrer une toute nouvelle ère qui va changer à jamais nos vies et la télévision elle-même.
The Erlenmeyer Flask est le début du plus beau chapitre de The X-Files. Little Green Men, The Host, Blood, Duane Barry, Ascension, One Breath prennent tous leurs racines dans ce magnifique final de saison.

Mulder et Scully


La relation entre Mulder et Scully est formidable dans cet épisode. Après avoir rendu visite au Dr Bérubé, Mulder veut poursuivre leur enquête et Scully l'en empêche. "Non !".
C'est l'essence même du personnage de Scully. Sans elle, nous verrions simplement Fox Mulder courir après des extraterrestres avec un filet à papillons. Elle est là pour lui rappeler, ainsi qu'au public, la réalité des choses.

Bande-son


Mark Snow nous offre une superbe bande-son qui passe au niveau supérieur. On sent que les enjeux sont extrêmement élevés et que rien ne sera plus comme avant.

La mort de Deep Throat


L'épisode s'achève sur trois scènes extraordinaires. Tout d'abord, nous découvrons la mort de Deep Throat, ce personnage pourtant tant aimé par les admirateurs de la série. Il aura été un personnage extraordinaire et chacune de ses apparitions aura été un succès total.
Ensuite, Mulder et Scully discutent au téléphone, avec une prestation des acteurs et une atmosphère excellentes.
Enfin, la scène finale, où l'Homme à la cigarette entrepose l'embryon alien dans une chambre secrète du Pentagone rappelle précisément celle de la fin de l'épisode pilote et boucle la boucle d'une manière aussi exceptionnelles que naturelle.

Verdict


Un excellent final de saison. La mythologie commence à devenir vraiment intéressante. Et la dernière séquence, similaire à la toute fin de l'épisode pilote était une superbe idée. Je lui donne un 10/10, où il n'y a rien à redire si ce n'est la coupe de cheveux de Gillian Anderson !


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