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SÉRIE


The X-Files Saison 5
Le début de l'ennui et la fin de la période Vancouver


Écrit par
Marie Dujean

 30 aot 2021   0 commentaires   1 j'aime    236 vues



Chris Carter le mentionnait au tout début de la série, celle-ci n'aura pas plus de cinq saisons. Au-delà, cela tuerait la poule aux œufs d'or. Voici donc venu le temps d'un choix : arrêter la série à son apogée et la continuer sous forme de films ? Ou la continuer et si oui, comment et où ?

Les épisodes


01 : Redux
02 : Redux II
03 : Unusual Suspects
04 : Detour
05 : The Post-Modern Prometheus
06 : Christmas Carol
07 : Emily
08 : Kitsunegari
09 : Schizogeny
10 : Chinga
11 : Kill Switch
12 : Bad Blood
13 : Patient X
14 : The Red and the Black
15 : Travelers
16 : Mind's Eye
17 : All Souls
18 : The Pine Bluff Variant
19 : Folie à Deux
20 : The End

Saison "courte"




Au lieu des 24 épisodes traditionnels par saison (sauf 25 pour la seconde), cette cinquième saison ne comportera "que" 20 épisodes. C'est toujours trop, quand on compare aux séries actuelles, mais ce n'était pas un choix pour laisser plus de temps à la production. Au contraire, le nombre d'épisodes réduit sera fait pour palier à la production du film tiré de la série. On pourrait donc penser qu'avec un nombre d'épisodes plus restreint, que la série aurait bénéficié en termes artistiques. Et bien malheureusement pas.

Le début de l'ennui




La saison comporte donc 20 épisodes et plus ou moins 8 sont mauvais ou très ennuyeux. La mythologie devient ancrée sur les personnages et prend une tournure "soapesque" moins ambitieuse et trop facile. Le double épisode basée sur l'envie de Scully de devenir mère n'est pas des plus intéressant. Et le double-épisode Patient X veut nous faire croire que tout ce que nous avons vu jusqu'alors est un complot et qu'il n'y a pas d'extraterrestres. La série fait du surplace.

Redux (1)




La cinquième saison ouvre avec un épisode qui résout le cliffhanger de Gethsemane. Mulder ne s'est donc pas suicidé. Mais il est à noter qu'il y a pensé, le mensonge n'était donc pas une totale manipulation.
Après des mois d'attente, nous apprenons enfin que Mulder était espionné depuis l'appartement du dessus. Confronté à l'espion, Mulder, en se défendant, tuera l'espion et utilisera le corps afin de faire croire à sa mort et de se laisser du temps pour trouver la vérité, une fois encore.

Mulder utilise donc le badge d'accès de sa victime afin de pénétrer dans des lieux secrets, qui l'amèneront dans les couloirs secrets du Pentagone. L'idée est géniale, car Mulder se retrouve dans le saint des saints, à savoir dans la fameuse pièce où l'Homme à la cigarette avait enterré les preuves détenues dans l'épisode pilote ainsi que dans The Erlenmeyer Flask. C'est une rudement bonne idée qui fonctionne parfaitement.
Il est également très appréciable de revoir le chef de section Scott Blevins ainsi que l'un de ses collègues. Nous retrouvons là aussi un décor de l'épisode pilote : son bureau. Très bonne idée là encore.

Je ne suis par contre pas trop fan des trop nombreuses voix off, qui n'apportent pas énormément à l'histoire et la rende presque confuse. Une plus forte simplicité aurait peut-être eu plus d'impact.

À noter que je n'avais jamais remarqué la larme sur la joue gauche de CSM, lorsqu'il visite l'appartement de Mulder, après son supposé suicide. Ce n'est que lorsque j'ai revu la série en Bluray que la haute-définition m'a permis de remarquer la larme en question.

La lumière de cet épisode est aussi très intéressante, tout en jaune. Certes, on imagine mal le FBI faisant une réunion quasiment dans le noir, mais l'effet recherché fonctionne très bien à l'écran.

Anecdotes
- Le tagline de l'épisode est modifié en ALL LIES LEAD TO THE TRUTH, tous les mensonges mènent à la vérité.
- Le flacon que Mulder découvre qui pourrait sauver Scully a comme numéro de série MN 1068.
- L'Agent Holly (interprétée par Julia Arkos) avait déjà apparu dans l'épisode Pusher, c'est elle qui mettait une trempe à Skinner.

Redux II (2)




Redux II est une pure suite d

Dialogue de la scène entre M et le frère de Scully.

Pour la troisième fois, Chris Carter nous fait croire que Mulder a retrouvé sa sœur Samantha. La première fois qu'il nous avait dupé était dans le double-épisode Colony/End Game, durant la seconde saison. Nous apprenions très rapidement que ce n'était pas sa sœur, mais un clone. Un an et demi plus tard, Mulder rencontrait à nouveau sa sœur, mais encore fillette. C'était l'épisode Herrenvolk (S04E01) et, une fois encore, tout n'était qu'illusion et sa sœur n'était en fait qu'un clone sans parole, élevée pour travailler.
Cette fois-ci, Chris Carter nous ressort Samantha du chapeau et nous fait croire que l'Homme à la cigarette est son père. Mais soudain, en quelques minutes, elle disparait à nouveau, sans que nous sachions si elle est réellement la sœur de Mulder ou juste un clone de plus. Encore une preuve qu'il n'aurait jamais fallu montrer la sœur de Mulder avant la révélation finale.

En terme de jeu d'acteur, l'épisode nous montre à quel point Gillian Anderson et David Duchovny sont différents. Gillian excelle dans la souffrance. Elle pleure, ce sont de vraies larmes. Tout est visible dans ses yeux. Parallèlement, Duchovny n'arrive pas à jouer la partition. Il peut être fantastique dans les non-dits ou dans la violence, mais il lui faut beaucoup de concentration pour jouer la tristesse dans une émotion forte. Tout simplement, il ne sait pas pleurer devant une caméra. Cela se voit dans la séquence horrible où il est au chevet de Scully et fait des mimiques qui n'ont aucun sens. Ou à la fin de l'épisode. Son jeu dans l'épisode One Breath était bien plus subtile.

Mais le scénario est tout sauf subtile. Chris Carter continue à faire avancer une histoire qui devient trop brouillée pour être réellement intéressante. À ce stade de la mythologie, on pourrait croire que l'histoire s'écrive automatiquement, via un algorithme qui prend au hasard des éléments et les met ensemble.

Un moment assez mauvais est lorsque Mulder devine que le chef de section Blevins fait partie de la conspiration. L'Agent Mulder était supposé être un enquêteur. Le scénario ne prend pas la peine de proposer une investigation, l'Homme à la cigarette lui offre sur un plateau la guérison du cancer de Scully.

Pour la première fois, la série verra la mort prétendue de l'Homme à la cigarette. Ce moment sera intéressant et permettra aux spectateurs de souffler un peu. Les scènes innombrables entre l'Homme à la cigarette et Skinner deviendront trop répétitives.

Au moins, l'épisode a le mérite de clore le chapitre sur le cancer de Scully, un arc narratif à fortiori intéressant mais peu inspiré. Si la résolution parait très claire : la puce guérit le cancer de Scully, Frank Spotnitz semble expliquer que la porte est en fait ouverte. En effet, à propos de l'épisode : "On y trouve ce joli trio d'idées. Est-ce un traitement médical, est-ce la foi religieuse, ou est-ce la puce de l'homme à la cigarette qui mène à la rémission du cancer de Scully. On l'ignore et j'adore la compétition entre ces trois idées." 1

On ne peut que se réjouir que la série retombe plus ou moins sur ses pattes. Plus que 18 épisodes de X-Files classiques à Vancouver, avant que tout ne change.

1 Documentaire Blac Oil

Unusual Suspects (3)




Tourné en tant que premier épisode de la cinquième saison, Unusual Suspects ne comprend aucune scène avec Gillian Anderson, l'actrice étant en train de tourner pour le film adapté de la série. Duchovny a quelques scènes, mais elles sont rares, pour lui permettre également de jouer dans le film. C'est pourquoi la décision fut prise de produire un épisode basé sur les Lone Gunmen.

Anecdote amusante, lorsque Dean Haglund apprend qu'il va tourner dans un nouvel épisode, il demande qu'on lui faxe ses scènes. "On m'a juste dit : 'Tu apparais dans un nouvel épisode d'X-Files.' À l'époque, j'étais en tournée avec mon one-man show. J'ai répondu : 'Ok, génial.' Qu'ils me faxent les deux, trois pages de ma petite scène habituelle. Je logeais dans un hôtel, un de ceux qui facturent 14 dollars la page. Je me suis dit : '28 dollars, c'est dans mes moyens.' Et quand j'ai vu arriver 69 pages à 14 dollars pièce, j'ai pensé : 'Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi personne ne m'a prévenu ?' Cette histoire m'a coûté cher.

Cet épisode est totalement soporifique. Les Lone Gunmen sont d'un ennui terrible et ne sont clairement pas capables de tenir un épisode entier sur leurs frêles épaules. L'histoire est la suivante : le naïf Byers tombe sous le charme d'une jolie blonde, Susanne Modeski. En quelques minutes, il se fait piéger et commence à hacker un système informatique pour ses beaux yeux.

On peine à imaginer les pauvres téléspectateurs qui allumèrent leur poste de télévision un dimanche soir aux États-Unis pour découvrir un épisode d'X-Files aussi ennuyeux et sans les protagonistes. L'épisode est incroyablement niais, notamment lorsque Susanne Modeski explique aux futurs Lone Gunmen que le gouvernement ment au peuple américain.

Detour (4)




Pour ce premier épisode solitaire classique de la saison, Frank Spotnitz nous offre un détour qui semble venu tout droit de Murder, She Wrote (Arabesque), ou la protagoniste Jessica Fletcher se retrouvait chaque semaine, par le plus pur fruit du hasard, face à un meurtre. Mais pour être franc, X-Files n’utilisera ce stratagème que très rarement, laissant les petites ficelles scénaristiques aux autres.
Néanmoins, l’ouverture de l’enquête est très mauvaise. Mulder et Scully se promènent avec deux collègues en direction d’un séminaire et, soudain, décident de tout quitter pour investiguer une histoire de meurtre dans une forêt. Quand on pense que dans l’épisode Conduit (S01E04), Mulder devait remplir un formulaire de demande d’enquête que le chef de section du FBI devait approuver. Ici, les agents enquêtent selon leur bon vouloir.

Bref, passé ce démarrage d’enquête très bateau, l’épisode nous offre ensuite le plaisir d’un tournage en extérieur. Si pour l’équipe, le tournage a été un calvaire, durant plus de deux fois le temps initialement prévu et sous une pluie constante, le fait de voir Mulder et Scully de retour dans un décor naturel est un réel plaisir.

Malheureusement, l’épisode ne fonctionne pas. La raison primaire est que la série se répète une fois de plus. La première saison nous avait déjà offert un excellent épisode avec les deux agents face à une créature mortelle dans les tréfonds d’une forêt. L’épisode était un classique. Ici, Mulder et Scully se promènent sans savoir où aller, sans une réelle investigation. On suit donc les personnages avec une abondance de dialogues et donc aucun suspense.
Non seulement la série se répète, mais elle ne nous offre rien de mieux. Darkness Falls avait des sortes de lucioles suceuses de sang apparaissant uniquement la nuit. L’effet était facile et diablement fonctionnel.
Ici, on a une créature dont on ne comprend pas très bien la nature. La créature est transparente, mais soudain est incrustée dans un arbre ou dans le sol. Et le traitement n’est pas subtile : dans une scène, Mulder et Scully vident leur chargeur sur la bête invisible. Vraiment pas bon.

Plus tard, Mulder et Scully se retrouvent la nuit dans une mauvaise posture, en tout point semblable à celle de Quagmire. Là aussi, la série se transforme en Ourobouros. La scène nous propose des dialogues assez faiblards puis voit Scully chanter. Je ne doute pas que les acteurs ont adoré tourner cette scène, mais imaginez-vous Clarice Starling chanter une chanson au milieu du Silence des Agneaux ?

On frôle le nanar. A vouloir être trop original et pop, la série oublie ce qu’elle est. A l’origine, la série se voulait une série policière sérieuse sur un sujet de science fiction. Ici, on a un épisode léger sans aucun sérieux dans sa quasi absence d’investigation.

Ensuite, une fois de plus, Darkness Falls avait tout compris et c’était même inscrit dans son titre. Quand vient la nuit… L’épisode est filmé quasiment intégralement en plein jour. Les forêts en plein jour n’ont rien du tout d’angoissant. D’ailleurs, comment avait démarré la série ? Avec une jeune femme effrayée courant dans la forêt en pleine nuit…

L’épisode s’achève par une balle dans le monstre et un deus ex machina des plus ennuyeux, où Mulder et Scully sont retrouvés quelques secondes après. Quelle originalité !

Bref, cette cinquième saison démarre plutôt mal.

The Post-Modern Prometheus (5)




Deux ans après sa tentative ratée (The List, saison 3), Chris Carter retourne derrière la caméra afin de réaliser un nouvel épisode. Son premier épisode réalisé, Duane Barry, avait été un succès total. Heureusement pour nous, Carter retrouve son mojo et nous offre un épisode total classique.

L’épisode démarre avec un prégénérique des plus originaux, dans une ambiance qui nous rappelle Home (saison 4). Ce qui frappe directement est le fait que l’épisode est diffusé en noir et blanc. Le résultat est tout simplement bluffant. Quel plaisir. Chaque scène est un véritable cadeau pour les yeux d’un cinéphile. Mulder et Scully se transforment en classique et prennent une dimension intemporelle.

Duchovny et Anderson sont tous deux très concentrés. Leur performance est excellente.

Et je note qu’enfin, Mark Snow propose une partition différente de ce qu’il fait habituellement lorsqu’un épisode décalé est proposé. Il n’envoie pas des instruments humoristiques, mais compose une bande son à la fois sérieuse et éthérée plus symphonique que synthétique.

Après deux épisodes solitaires mauvais, la série enfin nous offre une bouffée d’oxygène avec ce superbe épisode à voir et à revoir. Une fois de plus, cet épisode nous prouve que quand X-Files est très bon, le résultat est incroyablement bon. Cet épisode est vraiment un chef d’oeuvre où tout fonctionne à merveille.

A un moment, où voit le great mutato regarder le film Mask, avec Cher. On imagine qu’il a regardé ce film en boucle et que c’est à cause de ce film, où Cher rencontre une personne souffrant de difformités, qu’il devient fan de la chanteuse. Chris Carter : "L'idée d'utiliser Mask vient de mon intérêt pour Cher, qui est né d'un été entier à écouter sa musique. J'ai été envoûté par plusieurs de ses chansons modernes, qui m'ont permis de découvrir ses anciens tubes solo et avec Sonny. Ces chansons ont inspiré l'épisode et le rôle fondamental de la musique dans l'épisode et pour le monstre."

Cet épisode est un superbe hommage à Frankenstein ainsi que Elephant Man – film tourné en noir et blanc par David Lynch.

Je ne vois que deux problèmes à l’épisode. Le premier, c’est que je ne comprends pas comment le great mutato (et son père ?) réussissaient à enfermer les maisons sous de grandes toiles. Cela me parait inconcevable.
Mais le point le plus important est que nous avons beau être attendri par la créature, il faut tout de même ne pas oublier que c’est un violeur ! Le ton est pris à la légère et les deux femmes apprécient leur bambin, certes, mais le monstre reste, en fait, un monstre. Tout cela était avant l’époque MeToo et je ne doute pas qu’aujourd’hui, l’épisode aurait un échos plus négatif. Cela nous rappelle d’ailleurs l’épisode de fin de saison précédente, Small Potatoes, où le personnage de Eddie Van Blundt * est très attendrissant mais reste un violeur.

* Cette omission est volontaire. Comprenne qui pourra.

Chris Carter : "C'est un hommage à l'histoire de Frankenstein, et en particulier à la version filmé de James Whale. Le titre, The Post-Modern Prometheus, est est inspiré du titre de l'œuvre de Mary Shelley, The Modern Prometheus, qui a pour thème le Dr Frankenstein et sa création."

"J'ai décidé de tourner cet épisode en noir et blanc à cause des films de James Whale et de l'aspect conte de fées de l'histoire et pour faire quelque chose que nous n'avions jamais fait avant dans X-Files. C'était intéressant, car beaucoup de choses que j'imaginais plus simples en noir et blanc se sont avérées plus difficiles. Le directeur de la photographie prend beaucoup plus de temps pour éclaire chaque scène car il doit vraiment réfléchir à sa palette de gris."

"Le casting était intéressant, car initialement j'avais écrit le rôle pour Cher et Roseanne Barr, qui avaient chacun envie de jouer dans la série. J'allais avoir toutes les stars pour moi dans un seul épisode. Mais il s'est avéré que ni Cher ni Roseanne Barr n'ont pu changer leur emploi du temps ou nous le nôtre, et on a dû choisir d'autres actrices. Dans ce cas, Pattie Tierce remplace Roseanne Barr dans le rôle de Shaineh Berkowitz, et on a pris un sosie de Cher."
Cher explique qu'elle voulait tourner dans la série, mais que lorsqu'elle a découvert qu'elle jouait son propre rôle et qu'elle chantait une de ses chansons, elle a refusé, pensant que ça n'apporterait rien. Ce n'est que lorsqu'elle a vu l'épisode qu'elle regretta sa décision, ayant particulièrement apprécié l'épisode.

"J'avais cette idée depuis très longtemps de faire quelque chose avec des tentes anti-termites, des maisons sous lesquelles se passeraient des choses maléfiques. En voyant la maison, les passants se douteraient de quelque chose d'anormal. J'avais enfin l'occasion d'exploiter cette idée de manière comique. Elle s'est avérée bien fonctionner en noir et blanc. La tente rouge et blanc est mise en valeur par le choix du noir et blanc."
Ironiquement, Vince Gilligan réutilisera cette idée dans Breaking Bad, quand Walter White et Jessie produiront de la crystal meth dans des maisons sous des tentes anti-termites.

"Le prégénérique a été tourné en un jour et j'ai dû accélérer les scènes finales. Les plans en steadicam ont été assuré par un caméraman de la deuxième équipe, qui avait moins d'expérience que prévu. Ça a pris un peu plus de temps que prévu. Je n'avais fait que quelques épisodes télé à l'époque et j'ai vécu ce que vivent beaucoup de réalisateurs télé et que je ne pensais jamais connaître : le producteur était sur le plateau et tapotait sur sa montre pour me presser."

Pour donner ce look des vieux films d'horreur, même le ciel est recréé. "Je voulais recréer le ciel qu'on trouve dans les vieux films de Frankenstein. C'est donc un effet visuel."

"Tout l'épisode est filmé avec une lens grand angle. Ça oblige les acteurs à jouter en regardant droit dans l'objectif. On place un porte-cache sur l'objectif sur lequel on colle des petites photos de l'acteur qui doit donner la réplique afin que l'autre se souvienne qui est son partenaire, car souvent, l'acteur ne regarde pas son partenaire, mais la caméra."

"Les dessins de la BD qui devient la preuve majeure de l'enquête a été réalisé par Greg Loewen. Je le poussais à faire toujours mieux. Et enfin il m'a présenté ce superbe croquis, très simple, du monstre mutato. J'ai fini pas trouver un nom, mutato, et je n'ai réalisé que plus tard, en lisant une BD des Simpsons, que Matt Groening avait déjà un personnage du même nom. Je crois qu'il s'appelle aussi Mutato. Donc j'ai dû appeler la production des Simpsons pour utiliser ce nom et ils ont fait preuve de générosité."

"Le personnage de Izzy est interprété par un acteur qui n'en est pas un, un gamin un peu grande gueule que j'ai trouvé dans la rue par hasard. J'allais à la piscine à l'heure du déjeuner quand j'ai vu ce gamin assis à l'arrière d'un véhicule qui ressemblait à un camion de tournage de Hollywood. Je suis allé lui parler et il correspondait exactement à ce que je recherchais. J'ai découvert plus tard que son père travaillait à Hollywood, et étais suspicieux et ne comprenait pas pourquoi je demandais à son fils de jouer dans un épisode de X-Files. Je ne crois pas qu'il a cru que je travaillais sur X-Files. Mais il a finalement laissé son fils aller à Vancouver tourner l'épisode. C'était une expérience assez intéressante car l'acteur, Stewart, est quelqu'un de très dissipé, dans son travail comme dans la vie. Il est très drôle, très vif. Comme un chanteur de rap. Il nous a fait rire tout au long du tournage."

"Un de ses amis était dresseur de serpents dans le film X-Files. Je l'avais fréquenté pendant quelques semaines sur le tournage du film et je voulais lui trouver un petit rôle dans la série. Donc toutes ces pièces se sont mises en place à partir de plusieurs idées que j'avais en tête, des acteurs, des éléments du décor, qui ont donné naissance à cet épisode fou."

"Celui qui joue le garçon-chèvre était serveur au bar de Vancouver où j'allais boire mon café le matin. Je ne le connaissais pas du tout, mais un jour, je lui ai demandé s'il voulait jouer dans un épisode de X-Files. Il déménageait, il était surtout intéressé par l'argent qu'il allait gagner pour la scène."

"Je ne me doutais pas de la beauté de certains plans. (...) Joel Ransom a fait un travail si incroyable, d'autant plus qu'il n'avait jamais fait de noir et blanc dans de tels délais. Il a complètement improvisé et inventé au fur et à mesure mais c'est justement la preuve de son incroyable talent, son œil et son imagination, qu'il ait été capable de nous offrir un épisode aussi époustouflant."

"L'idée originale de cet épisode m'a été donnée par Anne Simon, la conseillère scientifique de X-Files. Elle m'est venue alors qu'Anne me conduisait à l'université de Bloomington, Indiana, où j'avais été invité. Un de ses amis, qui faisait des expériences sur des mouches, avait réussi à isoler les gènes d'un œil d'une mouche et à les manipuler de façon à former ou construire une jambe. En d'autres termes, il créait des petits monstres. Et j'ai trouvé ça fascinant et très proche du Dr Frankenstein, et je me suis dit que je pouvais en réaliser ma propre version de Frankenstein, ce que je voulais faire depuis si longtemps dans X-Files."

À un moment dans l'épisode, Mulder demande au scientifique pourquoi il a créé une mouche avec des bras sortant des yeux. Et sa réponse est sans équivoque : "parce que je le peux" (because I can).

À noter que le great mutato est joué, sous les effets de maquillage, par Chris Owens, le même qui joue le CSM jeune ainsi que, dans quelques épisodes, le frère de Mulder.

Petite anecdote. "La scènette où l'acteur Stewart Gale presse sa bouche contre la vitre est une idée à lui. Je l'ai attrapé en train de faire le clown et j'ai décidé d'utiliser sa grimace. C'était parfait pour le personnage."

"Cet épisode a eu sept nominations aux Emmy. J'ai eu celle du meilleur réalisateur. Et l'un des membres du jury présent lors de la décision finale est venu me dire après que j'ai perdu l'Emmy qu'il avait adoré l'épisode. Il savait que je ne gagnerais pas car, quand l'épisode a été diffusé, deux membres du jury plus âgés qui étaient assis au premier rang, se sont tournés vers les autres et ont demandé : "Qu'est-ce que ce type fumait ?" Il a su alors, et je le sais aussi, pourquoi l'épisode n'a pas gagné. On a fait un épisode tellement à part que certains ne savent pas quoi en penser."

Christmas Carol (6)




Scully s'est faite enlever et s'est retrouvée dans le coma durant la seconde saison. Deux ans plus tard, les scénaristes lui feront contracter un cancer incurable, la mettant littéralement entre la vie et la mort, avant de guérir in... extremis, comme Gillian Anderson pourrait le chanter. L'actrice participera en 1997 à un single du groupe HAL s'intitulant Extremis.
Bref, Scully vient de guérir quatre épisodes plus tôt. On imagine qu'elle profitera un peu plus de sa vie, mais c'est tout le contraire. Elle est ici en vacances pour Noël chez sa famille et tire une tête de trois mètres. Non seulement ça, mais les producteurs décident de l'habiller toujours en tant qu'agent du FBI. On l'imaginerait plus avec une tenue moins classique. Elle semble porter en elle un lourd fardeau et tout ce que l'on a envie de lui dire, c'est profite de la vie ! Trouve-toi un mec, change de job, mets-toi en jupe.
Mais elle explique à sa mère que son nouveau fardeau est qu'elle ne pourra jamais mettre au monde. Elle se met à pleurer car elle veut absolument un bébé, mais elle est si jeune et célibataire, que ça parait grossier.
Les scénaristes ne veulent décidément pas offrir un instant de répit et de bonheur à ce personnage dont la vie ne sera que souffrances. Là encore, cela démontre trois choses :
- La première, c'est que la série ne devrait pas durer plus de cinq saisons, au risque de ne plus être crédible.
- La seconde, sans doute plus intéressante, c'est qu'à donner une vie privée et à ouvrir les états d'âme des personnage ainsi qu'à
- La troisième, c'est qu'à force de baser la mythologie sur les personnages, cela devient usant et plus crédible. En comédie, il y a la règle des trois fois – on ne répète pas plus de trois fois un gag, et bien ici, il devrait être pareil. On ne répète pas les épisodes mythologies basés entièrement sur des personnages. C'est pourquoi des épisodes comme Nisei/731 seront toujours plus intéressants et clairs : une intrigue, une investigation bien menée.

L'épisode est d'un ennui terrible. David Duchovny étant en promo pour son nouveau film The Playing God, l'épisode est donc centré sur Gillian Anderson. L'actrice fait un travail remarquable, comme toujours, mais le problème est que le scénario la ramène à sa condition de femme et lui donne un épisode de Noël – on est surpris de voir X-Files oser faire un épisode de Noël, une tradition des mauvaises séries – ainsi qu'un épisode parlant de bébés. On aurait plus facilement imaginé une histoire classique, à savoir une investigation à mener. Il y avait tant à faire avec ce personnage. Mais c'est là la problématique de la série, à vouloir produire trop d'épisodes mythologiques classiques, on en perd notre latin. La série aurait très bien pu innover et produire des double épisodes solitaires. Voire même des trilogies solitaires, avec des tueurs en série particulièrement difficiles à capturer. Certes la série a constamment innové, mais sa structure n'a pas évolué depuis la seconde saison et c'est bien dommage. Pour une série si ambitieuse, on aurait pu imaginer encore plus d'ambition.

Scully fait une demande d'adoption d'une enfant qu'elle ne connait pas. Elle sait très bien qu'elle n'a pas de conjoint, qu'elle a un travail qui la fait voyager constamment, avec des horaires impossibles et un risque de mort quotidien. Cela ne colle pas du tout.

Scully est une peste. Sa famille aimerait passer un Noël tranquille et se retrouve face à Dana, qui passe son temps à enquêter au lieu de s'occuper des siens. Une véritable peste qui ne pense qu'à elle. Si elle était vraiment si forte, elle s'occuperait de sa famille et garderait pour elle ses démons.

Emily (7)




Emily nous prouve pourquoi le double-épisode est mauvais et surtout comment il aurait pu être bon. Voir la petite fille avoir son sang vert couler est extrêmement effrayant. Cela aurait pu être un très intéressant double-épisode, avec un alien enfant, mais sans la faire être un enfant de Scully. Ironiquement, le double-épisode avait d'abord été écrit avec un enfant n'ayant pas de rapport avec Scully, comme l'explique Frank Spotnitz : "Christmas Carol est encore un de ces épisodes mythologiques qu'on a considéré comme indispensable puisqu'on avait lancé l'idée que ces femmes avaient été enlevées et qu'on avait vu le ventre de Scully gonflé comme si elle était enceinte. En fait, on l'a tourné pendant que Gillian Anderson était enceinte. C'était comme s'il manquait un élément-clé. On avait construit toute l'histoire, John Shiban, Vince Gilligan et moi-même, autour d'un autre personnage que Scully. La trame était finie et on commençait à écrire. Mais quelque chose ne collait pas. Ça ne nous plaisait pas. C'est ensuite qu'on a réalisé : 'Ça doit être Scully. Elle était l'élément-clé qui manquait à ce mystère. Il faut que ça soit son enfant.' Et l'histoire s'est réécrite d'elle-même."

Scully joue à l'apprentie sorcier tandis que Mulder coure pour trouver la vérité, comme toujours.

Et en quelques secondes, soudain Scully, qui voulait d'abord adopter l'enfant, se retrouve à dire que l'enfant n'aurait jamais dû naitre et passe à la suite. Et Mulder ajoute plus tard, en une ligne de dialogue, que toutes les preuves ont disparues. Merci pour rien, bonsoir.

Une fois de plus, le tournage n'est pas sans encombre. Kim Manners : "On avait engagé une petite fille de 4 ans. Et je ne crois pas qu'elle avait plus d'un ou deux mots à dire. Elle jouait assise par terre, je crois, dans cette première partie. Puis, on me donne Emily, deuxième partie. Et j'ai cette fillette qui est déjà introduite dans la première partie. Très bien. On se met au boulot et on en arrive à la séquence où la petite fille est couchée sur une table d'examen à l'hôpital. Tout est prêt, on allume les projecteurs et on se prépare à tourner. La gamine entre, on l'assoit sur la table mais ça ne lui plaît pas."
John Shiban : "La pauvre petit fille était terrorisée à cause du décor d'hôpital. Elle était parfaite dans le premier épisode où il n'y avait pas d'hôpital. Soudain, elle a dit : 'J'ai plus envie de jouer.' et n'arrêtait pas de pleurer.
Manners : "J'ai appelé Bob : 'Tu as intérêt à venir ici.' Bob prend son téléphone. Il avait vu un épisode MillenniuM avec une gamine de 6 ans, donc plus âgée. 'Elle sait jouer.' Alors, j'ai tourné l'épisode avec elle et il a fallu retourner certaines scènes du premier épisode."

Kitsunegari (8)




Kitsunegari reprend un excellent monstre de la semaine, à savoir Robert Patrick Modell, l'homme au pouvoir d'autosuggestion de Pusher (saison 3). On aurait pu espérer une bonne suite, car le personnage était très intéressant. Malheureusement, l'épisode ne fonctionne pas très bien. Le problème est surtout que c'est du réchauffé. La série se répète et on perd la surprise initiale.

L'épisode est très ennuyeux, a trop de dialogues et se perd très rapidement.

Et le problème majeur est tout simplement que Modell n'est pas le personnage central de l'épisode et ne tue personne. À vouloir faire un épisode original qui ne tombe pas dans le panneau il se détourne d'un potentiel bon épisode. Le retour de Modell est aussi raté que celui de Max Fenig en saison 4. On ressort un personnage classique mais on lui donne un rôle décalé afin de ne pas faire une réelle suite. On fait le choix de ne pas choisir et ça ne fonctionne pas. Mettre la sœur de Modell en tant que tueur principal était tout simplement une mauvaise idée.

Et il faut faire attention, car on perd très vite son audience. La plupart des téléspectateurs ne sont pas des fanatiques de la série et il suffit de quelques semaines avec des épisodes ennuyeux pour que le téléspectateur zappe et perde l'envie de regarder les prochains. Rares sont les séries qui ont su garder leur audience jusqu'au bout. Et malheureusement, les prochains épisodes ne vont pas aider à la tâche.

Schizogeny (9)




Schizogeny est un épisode sous-estimé qui ne mérite pas la mauvaise réputation qu'il a. D'une certaine manière, l'épisode est une bouffée d'oxygène. Après tant d'épisodes décalés ou mythologies, ça fait un bien fou de voir un épisode solitaire calme. À bien des égards, cet épisode aurait pu aisément être produit durant la première saison. Il a ce charme de ne pas être "pop", de ne pas être plus grand que ses propres ambitions. Il essaie simplement de faire le travail d'une manière honnête.
J'ai trouvé l'histoire simple et touchante. En effet, l'épisode traite de la souffrance des enfants et adolescents, un sujet très important et qui, sans doute, parle à une partie de l'audience d'X-Files, dont certains sont justement des adolescents, qui ne savent pas du tout ce que va leur réserver leur vie. J'ai été l'un d'eux et regardaient X-Files sans savoir aucunement ce que la vie me réserverait. C'est un sentiment très étrange et je trouve que l'acteur Chad Lindberg a été très bien choisi et offre une prestation très intéressante, très proche de Giovanni Ribisi dans D.P.O. (S03E03). Parallèlement, la jeune Katharine Isabelle qui interprète l'amie de Bobby joue merveilleusement. Anecdote, elle est la fille du producer designer Graeme Murray.

Un autre aspect intéressant est que l'épisode est filmé principalement en extérieur – toujours un réel plaisir. Et les meurtres sont originaux et même s'il est un peu ennuyeux de voir Mulder tout comprendre trop rapidement, l'épisode reste pour moi un solide épisode, très bien produit, avec une très bonne réalisation et une très bonne bande-son de Mark Snow. Oui, je persiste et signe, j'aime Schizogeny.

Chinga (10)




Six épisodes seulement après Detour, X-Files est justement de retour avec un épisode où Mulder ou Scully (en l'occurence Scully ici) fera face à une histoire paranormale au hasard, à la manière de Murder, She Wrote (Arabesque). Jessica Scully Fletcher se promène donc en weekend dans le Maine, seule (sic !) et tombe par hasard sur une affaire paranormale.

L'histoire est assez banale. Une petite fille maléfique. Voilà. Là encore, la série se répète. On avait déjà eu Eve (S01E11) Born Again (S01E22), The Calusari (S02E21). Revoici un enfant maléfique.

Certes, les scènes de meurtre sont assez originales et intéressantes à regarder, mais l'épisode ressemble à un mauvais thriller de Stephen King, et pour cause ! Le maître de l'horreur lui-même a écrit l'épisode. Admirateur de la série, il demande à écrire un épisode. Mais le résultat ne fonctionne pas du tout pour un format télévisé de 43 minutes, son script étant bien trop long. Carter se voit donc forcé de réécrire une grande partie du scénario, raison pour laquelle les crédits de l'épisode le montrent écrit par King et Carter.

Kill Switch (11)




Kill Swtich est un épisode avec un fort accent sur la technologie, un thème toujours extrêmement casse-gueule, car le temps rend tout épisode du genre démodé après très peu de temps. Heureusement, la technologie est ici utilisée d'une bonne manière et même si certains passages paraissent totalement ringards aujourd'hui (les boîtes emails animées), l'épisode, comme ses missiles, touche sa cible en plein cœur.
L'épisode offre en bonus quelques scènes amusantes où Mulder rêve et se voit démembré, entouré d'infirmières blondes puis sauvé par une Scully attaquant les infirmières bimbo au karaté. Un petit plaisir pour tout X-Phile.

Rob Bowman à propos de l'épisode : "Kill Switch est un scénario de William Gibson, qui est romancier, ce qui signifie que quand on écrit des romans, on n'a aucune contrainte de budget. On peut imaginer des scènes très complexes. J'ai donc reçu un scénario colossal, je parle en termes de complexité et non pas de taille. Je n'avais jamais vu ça dans X-Files."

Frank Spotnitz : "Kill Switch est probablement l'un des épisodes les plus coûteux de la série et le plus cher qu'on ait filmé à Vancouver. C'est aussi le tournage qui a pris le plus de temps."

Bowman : "J'ai été séduit par l'idée de M. Gibson et de Tom Maddox qu'on puisse télécharger sa personnalité et son intelligence sur Internet et devenir une entité autonome dans cet environnement. Il s'est basé sur tant de faits, d'études et de probabilités qu'on se demande si ça ne pourrait pas arriver.

Bad Blood (12)




Bad Blood est un épisode très apprécié des X-Philes. Il est en tout point similaire à Small Potatoes en saison 4. D'une certaine manière, Vince Gilligan a repris le flambeau de Darin Morgan afin d'écrire un épisode décalé par saison depuis la saison 4. Et personne n'est mieux qualifié que Villigan dans l'équipe pour s'en charger.

L'épisode est très drôle et, une fois encore, comme l'était Small Potatoes, jubilatoire. Small Potatoes nous proposait une personne prenant l'apparence de Mulder et en profitant pour séduire Scully. Ici, l'épisode nous propose deux versions alternées d'une histoire, racontée d'abord par Scully puis par Mulder. L'épisode est très intelligemment écrit et fonctionne à merveille. Un classique à n'en pas douter. Mon seul regret est que lorsque les fans ou même l'équipe mentionne les meilleurs épisodes de la série, Bad Blood revient constamment dans la shortlist. Le problème est que certes, c'est un excellent épisode, mais personne ne mentionne par exemple Ascension, qui est pourtant un joyau.

Patient X (13)




L'aspect positif de cet épisode est que la mythologie avance enfin. Depuis un an (Tunguska), la série faisait du surplace en terme de mythologie. Tout l'arc Redux avait été mis en place pour faire de Mulder un non-croyant et guérir Scully de son cancer soit-disant incurable.
Ici, d'une certaine manière, nous voyons la suite de Tunguska/Terma.
C'est un excellent point et c'est un réel plaisir de voir de nouvelles expériences en Russie.

Par contre, l'épisode se vautre totalement dans un point qui ne pourra pas être effacé. L'épisode introduit un nouveau personnage récurrent, nommé Jeffrey Spender. Le début de la fin. Jeffrey est le demi-frère de Fox Mulder et travaille... au FBI. On venait de terminer enfin le cycle Scully/Cancer, puis enfin le cycle Scully/Emily et nous voici replongés directement dans une histoire personnelle. C'en est tellement mauvais que c'est tout simplement affligeant.

Quant à Mulder étant totalement un non-croyant, comment peut-on le croire, quand on sait que Deep Throat lui avait clairement dit "ils sont là depuis bien longtemps", qu'il a vu sa sœur se faire enlever, qu'il a vu plusieurs vaisseaux spatiaux. C'est très difficile à faire avaler, voire impossible.

Enfin, l'idée de faire clore les yeux et les bouches de personnes pour bloquer le virus de l'huile noire est une excellente idée et est très visuelle. Malheureusement, on se demande pourquoi le virus ne peut pas tout simplement sortir par le nez. En effet, cela parait logique que le virus utilise ce canal pour s'échapper ou pour rentrer dans son hôte. Mais évidemment, fermer les narines n'auraient bien entendu pas fonctionné pour une raison évidente.

The Red and the Black (14)




Dans la droite ligne de sa première partie, The Red and the Black continue l'histoire en tombant dans les mêmes travers. Néanmoins, l'histoire mythologique est passionnante. En effet, nous comprenons qu'il y a une race d'extraterrestres rebels, qui ne veulent pas que les aliens colonisent la planète. Parallèlement, le syndicat obtient le vaccin contre le virus de l'huile noir, développé par les Russes et transmis par Alex Krycek. Le syndicat décide donc de patienter avant de soit faire une alliance avec les rebels ou continuer de travailler avec les aliens colonisateurs et leur transmettre les rebels.

Gillian Anderson, une fois de plus, montre tout son talent, dans une séquence quasi orgasmique, où elle subit une séance d'hypnose, filmé sous l'œil du créateur Carter, qui réalise cet épisode.

L'épisode montre également l'enlèvement de Cassandra Spender, dans une scène techniquement très bien réalisée et très originale, avec un effet de neige qui remonte - la séquence étant tournée à l'envers.

L'image finale nous montre l'homme à la cigarette vivant dans une maisonette au fond d'une forêt enneigée. Est-ce que Vince Gilligan s'inspirera de cette scène lorsqu'il enverra Walter White dans le même sort lors de la dernière saison de Breaking Bad ? La question peut se poser.

Enfin, à noter que Mark Snow est particulièrement inspiré depuis quelques épisodes. Dès Schizogeny, on peut remarquer que le compositeur utilise certains sons voire même certains titres composés et enregistrés pour l'adaptation cinématographique de la série. Ce double épisode fonctionne très bien grâce également à la musique.

Travelers (15)




Travelers est l'un des épisodes les plus soporifiques de toute la série. Gillian Anderson étant demandée sur le tournage du film de la série, cet épisode ne contient donc aucune scène avec elle. Il est décidé de produire un épisode flashback, nous montrant la découverte des affaires non-classées par Mulder.

Se déroulant dans les années 50, l'épisodes est totalement inintéressant. Ironiquement, suite au succès de la série, une série intitulée Dark Skies tentera de recréer X-Files dans les années 50. X-Files copiera donc les copieurs en reprenant leur idée de bestiole qui passe d'un corps à l'autre.

Du remplissage inutile. Passez votre chemin.

Mind's Eye (16)




Fiche technique
Lili Taylor (Marty Glenn)
Blu Mankuma (Detective Pennock)
Richard Fitzpatrick (Charles Wesley Gotts)
Henri Lubatti (Dr. Wilkenson)
Peter Kelamis (ADA Costa)

L'excellente actrice Lili Taylor (Arizona Dream), était une inconditionnelle de X-Files et contacta l'équipe afin de demander un rôle. Le rôle sera celui de Marty Glenn, une personne aveugle qui a des visions paranormales.

L'épisode part sur un sujet intéressant, mais la mise en scène est un peu exagérée. En effet, l'épisode passe son temps à nous montrer le personnage de Lili Taylor sentir ce qui se passe autour de lui. C'est amusant la première fois, c'est intéressant la seconde fois, c'est passable la troisième fois. Mais comme la règle des trois fois en comédie, il ne faut pas dépasser la limite. Et ici, l'épisode ne fait que de franchir cette limite.

Mais au-delà de cette anecdote, l'épisode, même si assez lent et pas mémorable, vaut le détour. Pour une fois, Scully sert à quelque chose et fait avancer l'histoire grâce à son travail d'enquêtrice. Cela fait vraiment du bien.

All Souls (17)




All Souls est un très mauvais épisode sur la religon. De la même manière que Miracle Man (saison 1) et Revelations (saison 3) s'étaient avérés être des échecs, All Souls se cassera les dents sur une histoire dont on ne comprend rien. Pourquoi Dieu/Satan veut tuer des jeunes handicapées ? Aucune idée.

Parallèlement, la série n'apprend pas de ses erreurs. Les scénaristes pensent vouloir être honnête en s'efforcent à continuer l'histoire de Scully et son enfant. Mais à force, ils s'acharnent sur ce personnage, encore et encore. Bien sûr, il est positif de pleinement aller au bout des choses. Mais quand ces choses sont mauvaises, cela donne un très mauvais résultat.

Passez votre chemin.

The Pine Bluff Variant (18)




Après trois mauvais épisode, voici enfin un épisode intéressant. Écrit par John Shiban, The Pine Bluff Variant est un thriller haletant dans lequel Fox Mulder infiltre un groupe de terroristes. Le début de l'épisode est très intéressant, car, et c'est la première fois dans la série, Mulder semblera trahir Scully. C'est la première fois en bientôt cinq ans que nous voyons ce procédé scénaristique et il fonctionne très bien. Cela change des répétitions habituelles.

La mise en scène de Rob Bowman est très cinématographique. Cet épisode est un film de 43 minutes.

Mark Snow propose une bande originale avec un suspense très fort, qui exacerbe le côté thriller de l'épisode.

À noter une scène effrayante où Mulder se fait torturer. Scène ne nécessitant au effet spécial mais étant particulièrement effrayante. Parfois, il suffit de peu pour effrayer.

Folie à Deux (19)




La série se répète une fois de plus. Le prégénérique nous montre un agent d'un call center qui a des visions. Nous avions déjà vu cette scène un an plus tôt dans l'excellent épisode Never Again.
Néanmoins, la suite de l'épisode va nous emmener vers une histoire très intéressante. D'abord, nous aurons une scène de prise d'otages différente de celle de Duane Barry dans l'épisode éponyme.
Mais ce qui rend l'épisode encore plus intéressant, c'est quand, à la moitié de l'épisode, Mulder se rend compte que le monstre est en fait véritable.
Une fois de plus, un très bon scénario de Vince Gilligan, le petit génie de la série.

The End (20)




The End est un épisode singulier. Les contrats de David Duchovny et Gillian Anderson arrivaient à terme. L’épisode est donc produit sans savoir si ce serait le dernier épisode ou pas. Au lieu de fermer des portes, Chris Carter en ouvre deux. La première est excellente : l’introduction de Gibson Praise, un enfant ayant le don de lire dans les pensées. Cela fonctionne à merveille et le jeune acteur a été brillamment choisi.
La seconde est un échec. L’introduction de Diana Fowley, interprétée par Mimi Rogers. Carter nous avait déjà infligé une ancienne petite amie dans le mauvais épisode Fire, en première saison. Ici, il se répète et fera même de Diana Fowley un personnage récurrent. L’introduction de ce triangle amoureux est des plus mauvais, digne des mauvais soaps. La manière excessivement jalouse dont Scully fait preuve ne ressemble pas au personnage. Une honte pour un possible épisode final d’une série qui s’est perdue cette saison. Et l’appeler Diana alors que le prénom de Scully est Dana…

Ensuite, le problème est que le film sera diffusé après cet épisode et, évidemment, ne fera pas mention de Gibson Praise ou Diana Fowley. Quel est donc le but d’introduire de nouveaux personnages dans un potentiel series finale et une suite sur grand écran déjà écrite ?

La clé de tout ?
Après que Scully ait découvert que Gibson a une partie du cerveau activée lui permettant de lire à travers les pensées, soudain nous sommes censés croire que cet enfant est la clé de tout ? La preuve de toutes les affaires non classées ?! Pourquoi son cerveau serait la clé de l’enquête de Tooms ? Pourquoi serait-il la clé de Ice ou Darkness Falls ? Cela n’a aucun sens. C’est à se demander comment Chris Carter a pu accepter son propre travail totalement bâclé.

Petite mention, doit-on croire que Alex Krycek fait du parapentes avec un seul bras ?

Mimi Rogers : "Quand je suis arrivée sur X-Files, c'était le dernier tournage au Canada et l'épisode final de la saison. Je crois que Chris m'avait dit qu'il souhaitait que le personnage soit récurrent."

Chris Carter : "David Duchovny a eu l'excellente idée de faire appel à Mimi Rogers et si elle a accepté, c'est grâce à lui. Ils avaient déjà travaillé ensemble. Elle avait le physique et le charisme nécessaires pour incarner le personnage. Au final, elle allait être une méchante. Et elle était crédible dans le rôle d'un ancien béguin de Mulder."

Mimi : "Quand David et Chris m'ont appelée et décrit le personnage comme étant une femme qui avait compté pour Mulder et qui est aussi agent du FBI. Ce devait être un rôle de femme fatale et on ignorait de quel côté elle allait pencher. Ça m'a tout de suite intéressée."

Bob Goodwin : "Nous étions tous très émus lors du tournage de The End car c'était le dernier. Nous savions que c'était notre dernier épisode à Vancouver avec notre fabuleuse équipe qui s'était agrandie pour devenir une entreprise de plus de 400 personnes. On avait deux équipes et en coulisses, des constructeurs, etc. Ça faisait du monde, des gens qui ont partagé beaucoup de choses."

Carter : "Beaucoup étaient là depuis le début de la série et formaient comme une famille et là, on devait se dire : 'Au revoir. Qui sait si on se reverra un jour ?' C'était très dur. Pour moi, en tant que producteur, c'était comme disperser une équipe de champions."

Goodwin : "En guise d'adieu à Vancouver, Chris Carter a situé le prégénérique à Vancouver, dans son célèbre stade, le GM, où se déroulent les matchs de hockey, etc. Je crois qu'il peut recevoir 17'000 personnes. Bien sûr, il aurait été impossible d'engager autant de figurants. Et comme c'était notre dernier épisode, pourquoi ne pas offrir à Vancouver l'occasion de nous dire au revoir ? Alors on a fait de la publicité dans la presse, à la télé et partout en disant : 'On cherche des figurants pour X-Files. N'hésitez pas à venir. On distribuera des prix. Vous pourrez rencontrer David, Gillian, l'homme à la cigarette...' On a dû refuser 5'000 personnes. Les queues étaient interminables. Le stade était rempli à craquer. Tout ces gens, huit heures durant, inlassablement, pour chaque angle de vue, ont joué le jeu. C'était incroyable ! Ils étaient assis en silence, ils regardaient, ils sursautaient au son d'un coup de feu, ils se levaient... 'Coupez ! À vos places.' En 30 secondes, ils avaient rejoint leur place. On aurait entendu une mouche voler. Ils étaient si silencieux, si coopératifs. C'est l'expérience la plus incroyable de ma vie. Je ne connais personne d'autre ayant dirigé 15'000 personnes."


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