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CINÉMA


The X-Files, Le Film
Mulder et Scully combattent le futur sur grand écran


Écrit par
Marie Dujean

 04 septembre 2021   0 commentaires   1 j'aime    122 vues



Durant la seconde saison de la saison de la série The X-Files (Aux Frontières du Réel), le créateur et producteur Chris Carter réalise son premier épisode, intitulé Duane Barry. Un jour, il participe à une projection sur grand écran de l'épisode. Ce jour-là, il sera convaincu : X-Files aura son film sur grand écran. Peu de temps après, la série devient un phénomène de société et les portes du succès sont grandes ouvertes et laissent à Carter le luxe de produire son film hollywoodien à gros budget, adapté de la série.

Dès lors, Chris Carter vivra dans une constante course contre la montre, dont on ne peut imaginer le stress qu'il a dû subir à cette époque – subir par son propre choix, j'en conviens. En effet, Chris Carter a deux séries en production (X-Files et MillenniuM) et au milieu de tout ça, accepte de réaliser un film. Il faut déjà réaliser que produire une série comme X-Files est un travail de titan, les grandes chaînes américaines demandant 24 épisodes par saison à cette époque. Traduisez par 24 films de 43 minutes en moins de 50 semaines. Autant dire mission impossible. Mais Carter s'entour d'une équipe que l'on pourrait qualifier de "dream team" et avance de la plus superbe des manières, et passe les obstacles les uns après les autres.

La quatrième saison d'X-Files démarre donc avec en parallèle la production du film. Et la quatrième saison est un succès phénoménal. Certes, elle est en-deça de la troisième saison - le joyau intemporel, mais n'a pas à rougir pour un sou.
Néanmoins, c'est la cinquième saison qui pâtira le plus de la production du film, toujours pour une seule question : les choix scénaristiques. Car la production est toujours au rendez-vous, ainsi que les acteurs, même si parfois David Duchovny n'est pas assez concentré, n'ayant pas ce talent-né que possède Gillian Anderson. Mais certains mauvais choix feront de la cinquième saison une saison en demi-teinte, avec un nombre important d'épisodes moyens voire très mauvais. C'est dans ce contexte qu'est né le film. Dans une autre époque, on aurait laissé la production prendre le temps, voire même repousser d'un an une saison de la série, mais le succès de la série est telle que personne ne peut refuser les dollars, l'homme est ainsi fait.

L'écriture du script se déroule donc durant la quatrième saison de la série, juste après l'épisode Memento Mori. Frank Spotnitz rejoint Chris Carter à Hawaii, où il travailleront pendant une dizaine de jours sur l'élaboration du scénario. Carter aura une anecdote savourante, où il renversera du liquide sur son ordinateur et pensera avoir perdu le scénario du film, avant qu'un petit crack en informatique ne réussisse à retrouver son fichier (anecdote à retrouver!).

Carter et Spotnitz savent qu'ils ont un budget conséquent : 66 millions de dollars en 1998. Cela permet de s'amuser. Ils vont donc y aller à fond et nous proposer une histoire de blockbuster Hollywoodien. Au menu : explosions, hélicoptères, poursuites et j'en passe, avant un bouquet final que je garde pour plus tard. La décision est à double tranchant. En effet, qu'est-ce que la sève d'X-Files ? Son cœur ? Son noyau le plus pur ? Il faut retourner à l'épisode pilote pour le comprendre. La série démarre sur la perfection absolue : une jeune femme courant au beau milieu de la nuit à travers une forêt effrayante. Une caméra, une actrice, une musique angoissante mais originale. La série progressant, les épisodes mythologiques vont prendre de plus en plus d'ampleur, à tel point qu'on se demande si le but est d'épater la galerie avec des effets visuels ou de construire une histoire intéressante, ô combien plus difficile. En effet, il est simple d'intéresser les spectateurs avec une explosion. Il l'est bien moins de surprendre le spectateur avec une histoire originale et bien menée.

Le film démarre donc avec une scène se déroulant dans la pré-histoire, où des hommes des cavernes se battent avec un alien et se font infecter par l'huile noire. Retour dans le présent, un jeune enfant retrouve par hasard un ossement et se fait lui-aussi infecter par ce même virus. Dès les premières secondes, on comprend que le film va être grand et fort et bien là tout l'attrait du film.

Plus loin, Mulder et Scully ont une scène d'introduction similaire à celle du pilote. On nous montre clairement les personnages, pour les spectateurs qui ne connaitraient pas la série. Le film doit donc fonctionner de manière solitaire. C'est dans le cahier des charges. Et même si l'écriture est assez immature, cela fonctionne assez bien, grâce au talent incroyable de David Duchovny et Gillian Anderson, ainsi que leur alchimie, une fois de plus palpable.

Le film fonctionne bien, mais on a de la peine à comprendre pourquoi Mulder tombe-t-il par hasard sur la bombe et pourquoi il cherchait la bombe dans le mauvais bâtiment. C'est trop incroyable pour être plausible. Ensuite, il suffit que la machine à sodas soit débranchée pour qu'il comprenne qu'il y a une bombe à l'intérieur. Là aussi, on a de la peine à comprendre. Ça ressemble plus à un film écrit par un adolescent qu'à un réel film écrit par des scénaristes d'expérience aux commandes de la série la plus réputée du moment. Et à ce moment-là, l'inspiration est clairement plus du côté de Die Hard que de Twin Peaks, Kolchak ou Silence of the Lambs, les inspirations de la série. Les personnages se font des blagues entre deux explosions, la subtilité n'est clairement pas au rendez-vous.

Plus tard, le FBI décide de blâmer Mulder et Scully pour l'explosion, ce qui n'a, là aussi, aucun sens, surtout que ce sont eux qui l'ont trouvée. Et le film est bourré d'inepties du genre. Il ne faut pas trop réfléchir en regardant ce film. Voici quelques autres exemples du genre :
- Comment une fausse équipe de pompiers auraient pu imaginer que Scully allait se faire piquer et donc aurait la possibilité d'arriver à l'appartement de Mulder ?
- Pourquoi le conducteur de l'ambulance tire-t-il sur la tête de Mulder, si le but était de kidnapper Scully afin de ne pas tuer Mulder ?
- Quel était le plan du syndicat pour enlever Scully, tout en sachant qu'il était impossible de savoir qu'une abeille allait rester coller sur elle pendant au moins une dizaine d'heures avant de la piquer ?
- Pourquoi le personnage de John Neville s'assied sur le siège passagé après avoir tué le conducteur ?

L'absence d'investigation


Pour dire que Mulder et Scully sont censés être deux agents hors-pair, il n'y a quasiment aucune investigation de leur part dans ce film. En effet, le scénario use et abuse de Mulder soit tombant par hasard sur la vérité, soit ayant une intuition plus que surprenante, soit se faisant donner les pièces du puzzle par les personnages. Et par puzzle, j'entends un puzzle à vingt pièces pour les petits enfants. Exemples :
- Mulder a l'intuition de chercher une bombe dans le bâtiment d'en face de celui d'où vient l'alerte.
- Mulder, au milieu du désert, à l'intuition de foncer tout droit dans une petite route, à la recherche de wagons.
- Tandis qu'il urine sur le poster de Independence Day, Mulder reçoit la visite de Alvin Kurtzweil, qui lui donne tous les éléments sur les corps retrouvés à Dallas.
- Plus tard, au même endroit, mais cette fois la quéquette bien rangée dans le pantalon, Mulder reçoit la visite du personnage de John Neville (L'homme aux mains propres), qui donne à Mulder une grande partie de la vérité sur la colonisation future extraterrestre.
- Dans cette même scène, Mulder reçoit non seulement les coordonnées de l'endroit où Scully se trouve, mais également le vaccin pour la sauver.

Mais ne vous méprenez pas, j'adore ce film, qui est le cadeau ultime aux fans de la série. Un gros paquet bien ficelé aux couleurs très vives. Fight the Future est un plaisir pour les yeux et marque le point culminant de la saga.

Le couloir


La scène du couloir est un plaisir énorme et jubilatoire. Pour la première fois, Mulder et Scully ne sont plus dans les non-dits, mais disent enfin ce qu'ils ont sur le cœur. L'exemple était même frappant dans l'épisode précédent, où Scully était frustrée par l'arrivée de Diana Fowley sur ses plates-bandes. Même si on sait que la série ne doit pas franchir la ligne jaune (c'est-à-dire ne pas mettre les deux protagonistes dans le même lit), Fight the Future se permet de toucher cette ligne et le résultat est tout bonnement fantastique. Le jeu de Duchovny et Anderson, leur alchimie, c'est un moment phénoménal que tout fan de la série peut se remettre en boucle.

La musique


La bande originale de Mark Snow est tout simplement brillante. Pour la première fois, nous avons la chance folle de pouvoir écouter Mark Snow avec un orchestre symphonique. Exit les synthétiseurs aux sons cheap, voici un véritable orchestre que commande Snow d'une main de... maestro !

Anecdotes


- Gillian Anderson regarde la caméra à 26 minutes et 4 secondes, dans le couloir du FBI.


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