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INTERNATIONAL : Afghanistan


Afghanistan : la fin
20 ans et un billion de dollars pour ça


Écrit par
Marie Dujean

 16 aot 2021   0 commentaires   1 j'aime    183 vues



C'est terminé. La guerre est finie.

Démarrée au lendemain des attentats 11 septembre 2001, précisément le 7 octobre de la même année, la guerre des États-Unis en Afghanistan avait comme objectif la destitution des Talibans. Aujourd'hui, presque vingt ans plus tard, jour pour jour, le régime Taliban a repris le contrôle du gouvernement à Kaboul et annonce la fin de la guerre, tandis que les Américains quittent le pays dans le chaos.

Selon des chiffres de la Brown University, près de 50'000 civils afghans ont perdu la vie durant cette guerre, ainsi que plus de deux milliers de soldats américains. Mais au-delà des morts, il y a également les vétérans, blessés ou non – les blessures psychologiques sont difficilement quantifiable, il y a aussi les réfugiés, les survivants.

1'000'000'000'000 $


Et la dette des Américains n'est pas uniquement en terme d'hommes, au final, c'est près d'un billion de dollars qui ont été dépensés dans cette guerre. 1'000'000'000'000 $. Tandis que l'Amérique dépensait cette somme au Proche-Orient, les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres Américains continuèrent de se creuser. 1% des foyers les plus riches aux États-Unis possède plus de 20% des richesses du pays, en hausse de près de 4 points depuis le début de la guerre. Bien sûr, la guerre n'est qu'un facteur parmi tant d'autres, mais elle démontre une fois de plus à quel point les États-Unis sont un colosse aux pieds d'argile, perdant chaque jour un peu plus de leur superbe, tandis que la Chine avance ses pions dans une domination économique mondiale.

La Grande Récession


Ce que les États-Unis n'avaient pas prévus, c'est que six ans après le début de la guerre, une crise financière majeure allait mettre à mal le pays de l'oncle Sam. En effet, le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers annonçait officiellement sa mise en faillite, plongeant immédiatement le monde dans une crise financière interconnectée sans précédent. Le monde n'avait pas connu ça depuis la Grande Dépression en 1929.
Dès lors, les États-Unis se retrouvèrent avec un pays en panne économique et cela avec deux guerres sur les bras – les USA étant empêtrés en Afghanistan ainsi qu'en Irak.

L'homme absent


Ces deux guerres, on les doit à un seul homme, absent désormais de la scène politique. George W. Bush. Celui dont le monde entier se moquait au début du second millénaire devint en quelques heures le Commandant en Chef aux yeux de l'Amérique sous le choc des attentats les plus terribles de son histoire. On se souvient des images de Bush fils sur les gravats encore fumant des tours jumelles du World Trade Center, annonçant au monde à travers un mégaphone que les ennemis de l'Amérique allaient "nous entendre très bientôt !"
Au lieu d'une réflexion profonde et mesurée sur les causes des ces attentats, l'Amérique étendit son drapeau et partit en guerre aussitôt, avec l'aval d'un Congrès et d'un Sénat où les rares voix anti-guerre furent traitées immédiatement d'anti-patriote. Bush ira même jusqu'à expliquer sa stratégie manichéenne : "Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous".
En 2004, lorsque le ministre des affaires étrangères de l'époque Dominique de Villepin prononcera un discours mémorable au sein des Nations Unies, une partie de l'Amérique vengeresse renomme les French fries en freedom fries (les frites de la liberté). Jaques Chirac apparait en verre de terre en une du quotidien anglais The Sun. En novembre 2004, le candidat Démocrate John Kerry tentera vainement une campagne anti-guerre, l'homme étant un soldat décoré de la guerre du Viêt Nam et farouche opposant de la guerre, ayant vu par lui-même les ravages d'une guerre qui finira dans la défaite. Mais ayant lui-même voté pour les deux guerres, la situation politique est simplement intenable. Même s'il perdra de peu, le peuple Américain offrira un second mandat à George Bush et aux néo-conservateurs.

Tomber du ciel


Le 11 septembre 2001, des pauvres gens pris au piège des flammes durent faire le choix le plus terrible qu'il puisse être : mourir dans les fumées et les flammes du World Trade Center, ou briser les fenêtres et sauter dans les abîmes de Manhattan, à 400 mètres au-dessus du sol. On se souvient du cliché terrifiant de celui qui fut nommé The Falling Man (L'Homme qui tombe).
Aujourd'hui, des vidéos terribles nous montrent des Afghans essayant de s'accrocher à des avions et tombant littéralement du ciel.



L'échos de L'Homme qui tombe résonne encore aujourd'hui et le vent du haut des tours jumelles souffle encore aujourd'hui. La boucle est ainsi bouclée.

Les leçons que nous n'apprenons pas


Mais les turbulences au Proche-Orient ne s'arrêteront évidemment pas de sitôt. Il paraissait évident que ces guerres successives n'amèneraient pas la paix. On n'amène pas la liberté dans un pays souverain avec un fusil et l'Histoire est là pour nous le prouver. Aujourd'hui, des scènes de chaos en Afghanistan nous rappellent des scènes similaires à Saïgon, lorsque les Américains quittèrent le Viêt Nam à la fin d'une guerre qui dura... vingt ans.


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