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CINÉMA


Le cinéma de Johnny
Retour sur la filmographie d'un rocker à la gueule d'acteur


Écrit par
Marie Dujean

 16 aot 2021   1 commentaires   2 j'aime    290 vues



Johnny Hallyday a beau être reconnu comme chanteur, il n'en reste pas moins que le plus grand des rockers français était fasciné par le cinéma et respectait profondément le métier d'acteur. Ce n'est pas si extraordinaire que ça, quand on connait à quel point l'artiste conceptualisait des shows en utilisant les codes du cinéma. Que ce soit dans des concerts aux allures futuristes ou d'autres avec des entrées inspirées du cinéma de James Cameron, Johnny avait le sens du spectacle et désirait se faire respecter de ses pairs non pas simplement en tant qu'interprète mais également en tant qu'acteur.

Une gueule d'acteur


Johnny tourna dans plus d'une vingtaine de longs métrages, avec un succès relatif. Quand certains de ses films seront plus qu'intéressants, d'autres seront pour le moins ratés. Il faut le dire, Johnny n'a sans doute pas eu la chance de recevoir des scénarios taillés à sa mesure. Par contre, quand cela fonctionne, la magie opère immédiatement, l'artiste ayant un physique et un jeu d'acteur très sobre. Au fond, Johnny a une gueule. La gueule d'acteur. Et quand les scénarios collent bien au rôle, tel celui de L'Homme du train, réalisé par Patrice Leconte, le résultat est épatant. Jean Rochefort, qui partage la vedette dans ce film, racontera à quel point il trouvait touchant le respect que Johnny avait pour le métier d'acteur.

Je vous propose donc ici un retour sur la filmographie complète de Johnny.

Filmographie


1955 : Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot
1962 : Les Parisiennes de Michel Boisrond
1963 : D'où viens-tu Johnny ? de Noël Howard
1967 : À tout casser de John Berry
1969 : Le Spécialiste de Sergio Corbucci
1970 : Point de chute de Robert Hossein
1972 : L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch
1980 : Le jour se lève et les conneries commencent de Claude Mulot
1984 : Détective de Jean-Luc Godard
1985 : Conseil de famille de Costa-Gavras
1987 : Terminus de Pierre-William Glenn
1989 : David Lansky de Hervé Palud
1990 : Le Triangle de Fer (The Iron Triangle) d'Eric Weston
1991 : La Gamine d'Hervé Palud
1999 : Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti
2000 : Love Me de Laëtitia Masson
2002 : L'Homme du train de Patrice Leconte
2003 : Wanted de Brad Mirman
2004 : Les Rivières pourpres 2 : Les Anges de l'apocalypse d'Olivier Dahan
2005 : Quartier VIP de Laurent Firode
2006 : Jean-Philippe de Laurent Tuel
2009 : La Panthère rose 2 de Harald Zwart
2009 : Vengeance de Johnnie Too
2011 : Titeuf, le film de Zep
2014 : Salaud, on t'aime de Claude Lelouch
2017 : Rock'N'Roll de Guillaume Canet
2017 : Chacun sa vie de Claude Lelouch

Les Diaboliques



Johnny à propose de ce film, tiré d'une interview de Hallyday par Hallyday : "J'avais un rôle de figurant, c'est un tout petit rôle, on en parle, on en parle, parce que j'avais douze ans et que c'était avec Simone Signoret dans un film de Clouzot (...) mais enfin, on me voit trente secondes de temps en temps. Je sais que j'avais une réplique et elle a été coupée au montage, comme ça se fait souvent au cinéma. Je devais pas être si bon que ça."

Les Parisiennes




D'où viens-tu Johnny ?




À tout casser




Le Spécialiste




Johnny, avide de films de cowboy et grand amoureux des grands plaines américaines demande au réalisateur Sergio Corbucci de lui offrir le rôle titre d'un western. Ce sera Le Spécialiste, un très mauvais western, bourré de clichés et, au final, inintéressant. Certes, il y a une bonne idée : Johnny joue le rôle d'un cowboy à la gâchette facile, qui n'a peur de rien ni personne et qui agit comme bon lui semble. Mais le résultat est vraiment ennuyeux et ne mérite pas qu'on s'y attarde. Un zéro pointé.
À noter la scène finale grotesque, où les habitants de la ville doivent se promener cul nu. Ridicule. Passez votre chemin.

Point de chute




Point de chute est un film de Robert Hossein, sorti en 1970. Ce film fut pour moi une excellente surprise, car Robert Hossein propose ici un film quasi expérimental. En effet, l'histoire tient sur un timbre poste : une adolescente est enlevée par trois ravisseurs, dont un qui n'accepte pas la violence des autres envers cette jeune fille et qui viendra au secours de celle-ci. Après une scène d'ouverture en noir et blanc peu fonctionnelle, le reste du film est une réussite. Robert Hossein prend le temps. La plupart des scènes n'ont aucune musique. Nous suivons lentement l'avancée de cette histoire, qui est tout sauf ennuyeuse.
Quant à Johnny, il crève l'écran. Ses yeux bleus perçants vont de pair avec la brutalité de l'histoire. Mais on y découvre une humanité qui, peu à peu, se laisse découvrir.
Certes, le film a quelques longueurs, mais le cinéphile que je suis a eu grand plaisir devant ce beau moment de cinéma dans lequel Johnny est excellent de justesse.

L'Aventure c'est l'aventure




1972. Lino Ventura, Jacques Brel, Aldo Maccionne. Excusez du peu ! Quatre ans après mai 1968, la société française a fortement évolué. Les femmes s'émancipent, la notion de verticalité disparait au profit d'une horizontalité où les employés sont devenus les patrons, et vice versa.
Perdus dans cette société changeante, une bande de gangsters au cœur aussi grand que leur portemonnaie est petit, décide de changer de technique. Finis les braquages foireux, ils vont organiser le rapt d'une célébrité, à savoir... Johnny Hallyday !
C'est justement à ce moment, à 34 minutes, que le film démarre réellement et montre une certaine direction. Car L'aventure c'est l'aventure, c'est... l'aventure. Et quelle aventure ! Le film est un joyeux bordel, écrit et réalisé par Claude Lelouch, qui déjà à l'époque expérimente.
Mais l'enlèvement de Johnny ne dure que quelques minutes et son apparition est presque anecdotique. Les pieds nickelés parent peu après dans de nouvelles aventures.

Alors bien sûr, il y a cette scène culte sur la plage, où la bande se montre devant des jeunes femmes. Il y a beaucoup de gags. Mais au final, ce joyeux foutoir ne mérite pas d'y passer deux heures. Regardez la séquence de Johnny Hallyday sur YouTube et passez votre tour. Certains crieront au scandale, mais je n'ai pas aimé ce film, auquel je donne la note de 3 sur 10.

Le jour se lève et les conneries commencent




Détective




Conseil de famille




Terminus




David Lansky




En 1989, Johnny participe à une série télévisée intitulée David Lansky. Le premier épisode sera bien accueilli, mais l'audimat ne sera pas au rendez-vous des prochains épisodes. La série s'arrêtera au bout de quatre épisodes seulement. Le cinquième épisode, dont le scénario était déjà prêt, deviendra un roman.
Il faut dire que la série est particulièrement mauvaise. En même temps, cela n'a rien de surprenant pour une séries produite par Antenne 2 dans les années 80.
Dès la première scène, la messe est dite. Johnny est filmé d'une manière exagérément héroïque, ce qui rend la scène parfaitement ridicule. La suite n'est pas beaucoup mieux. À noter la bande-son horripilante et bien trop présente. J'en ai entendue des bande-originales, mais celle-ci est véritablement épouvantable.
Dans l'épisode 2, Johnny finit l'épisode dans les bras de Véronique Genest.
Les épisodes : Hong Kong sur Seine, Le Gang des limousines, Prise d'otages, L'enfant américain.

Le Triangle de Fer (The Iron Triangle)




La Gamine




Fiche technique


Durée : 1 h 24
Acteurs : Maïwenn, Jean-François Stevenin, Gilles Gaston-Dreyfus, Michel Robin, Patrick Massieu, Olivier Sitruk, Laurent Moine, Marie-France Garcia

Suite à l'échec tant commercial que critique, on aurait pu imaginer que Johnny ne voudrait plus tourner sous la direction de Hervé Palud, créateur et réalisateur de la série avortée David Lansky. Mais c'est sans connaître Johnny et ses amitiés. Il accepte donc de tourner une fois de plus avec Palud dans un film en tout point aussi minable que la série tournée deux ans auparavant.
Cette fois, au lieu d'apparaitre sur une moto en tant que Lansky, c'est dans un petit avion que l'on découvre Johnny. Johnny interprète Franck, un pilote d'un petit aéroclub. Il fera rapidement la rencontre de Carole, la petite-fille de son ami et patron, jouée par la jeune Maïwenn. Sur le papier, le film aurait pu ressembler à une comédie moyenne de Jean-Marie Poiré. Malheureusement, Palud n'a pas le talent nécessaire pour en faire ne serait-ce qu'une petite comédie passable.
À 17 minutes et 48 secondes, Johnny est dans son petit avion, avec à côté de lui Maïwenn se les pieds tandis que Johnny se plaint en voix off. À ce moment, il regarde la caméra par inattention et cette image résume tout le film. On peut facilement se dire à ce moment-là que Johnny se dit, "mais qu'est-ce que je fous-là ?".
Maïwenn est totalement insupportable. Ce n'est pas une surprise, car c'est le but recherché. Mais c'est tellement exagéré que c'en est vraiment exaspérant. Et en plus d'être insupportable, elle joue de la pire des manières. J'en ai vu des mauvaises performances, mais là elle récite son (mauvais) texte de la pire des manières. Le seul moment intéressant est quand Franck et Carole braquent une banque pour payer un vieil homme d'une station essence. Un moment original mais qui ne dure qu'une minute à peine.
C'est dommage car les images ont ce look des années fin 80/début 90 et j'aurais grandement apprécié voir un road movie avec Johnny et un personnage féminin partageant une grande aventure. Mais ici, rien ne marche et tout ce que l'on souhaite, c'est que Johnny balance une grande claque à cette peste et la renvoie fissa chez les flics afin de retourner boire des Heineken à la maison – le film sans l'once d'une nuance le montre en tant que grand buveur de bière.
Pour rajouter encore plus mauvais à ce film de seconde zone, le réalisateur nous impose une voix-off de Johnny, qui, chaque minute, nous explique en voix off à quel point il est exaspéré. Ça tombe bien, nous aussi !
La fin du film est ensuite brossée en moins de cinq minutes, merci bonsoir. Je n'ose imaginer les pauvres spectateurs qui ont subi ce film au cinéma.
Au final, La Gamine est un navet total qui ne mérite clairement pas qu'on s'y arrête. Je donne au film la note de 1 sur 10. Passez votre chemin.

Pourquoi pas moi ?




1999. Il est désormais tendance de montrer des jeunes gays. Alors on nous offre un petit film sur un petit milieu parisien. Huit ans que Johnny n'avait plus mis les pieds sur un plateau de cinéma. On aurait espéré qu'après l'échec total de La Gamine en 1991, un nanar total, Johnny aurait choisi un scénario intéressant. Malheureusement, le revoici dans un mauvais film, une fois encore. Johnny joue un petit rôle, mais assez grand pour que son nom apparaisse sur l'affiche. Le DVD ira même jusqu'à entourer uniquement son nom sur la couverture. Revenons au film. Johnny joue le rôle d'un torero, père d'une fille lesbienne nymphomane qui ne pense qu'au cul, jouée par Julie Gayet, future compagne de François Hollande. Dans chaque scène, elle rencontre une nouvelle femme et désir lui mettre le grappin dessus. Le film suit plusieurs autres jeunes personnages, pour la plupart homosexuels et désireux de cacher leur vie sexuelle à leurs parents. Plus tard, ils décideront d'avouer leurs préférences sexuelles à leurs parents, dans une scène aussi catastrophique que le film. Le film ressemble à une production AB où tous les personnages seraient homosexuels. J'ajoute les références politiques, où tous les bons personnages disent voter à gauche, près d'une dizaine de fois.

Notre pauvre Johnny n'a donc rien à faire pour sauver les meubles. Il récite ses lignes de vieux con réac et tout ce qu'on espère, c'est que le film s'arrête enfin.

Anecdote inintéressante au possible, une des personnages a un ordinateur fixe (desktop) sur lequel rien n'est branché sauf l'écran. On se demande comment elle l'utilise sans électricité ni clavier. Pardon pour cette anecdote totalement inutile mais qui montre un certain je-m'en-foutisme. L'art, c'est du travail.

À noter les images tellement saturées que certains tons clairs deviennent blancs. Horrible.

Bref, un navet de plus dans la filmographie plus qu'inégale de l'idole des jeunes. Passez votre chemin.

Love Me




L'Homme du train




Réalisé par Patrice Leconte, L'Homme du train est sans aucun doute l'un des meilleurs films avec Johnny à l'affiche. Il faut dire que le concept du film est aussi simple que génial. Johnny joue le rôle d'un truand se retrouvant dans un petit village et faisant la rencontre avec un personnage plus âgé, joué par Jean Rochefort. Tandis que le personnage de Johnny rêve de souffler et porter des charentaises en lisant le journal et en regarder le temps s'écouler sur l'horloge automatique du salon, le personnage Rochefort, lui, rêve de prendre le large ; de partir à cheval et de braquer une banque sans regarder derrière. Ce point de démarrage offre aux spectateurs la délectation d'assister à la rencontre entre deux artistes géniaux. Certes, Johnny joue en pilote automatique, le scénario ne lui offrant que peu de possibilités, à part garder un sérieux calculé. C'est Jean Rochefort qui s'exulte et qui s'amuse à nous divertir.
Néanmoins, le film est une excellente surprise et un des points forts de la carrière d'acteur de Johnny.
Je recommande vivement ce film à tout admirateur du rocker (et de Jean Rochefort).

Wanted




En 2003, Johnny accepte de tourner dans un film écrit et réalisé par Brad Mirman, un scénariste et réalisateur dont vous n'avez sans doute jamais entendu le nom. Jusqu'alors, Mirman a écrit une demi-douzaine de nanars avec Christophe Lambert dans le rôle titre. Wanted sera son premier film. Et pour un premier film, il faut dire qu'il fait fort en terme de casting ! Un vrai tour de force. En effet, imaginez seulement : Gérard Depardieu, Renaud, Richard Bohringer, Harvey Keitel, et enfin, Johnny Hallyday. Excusez du peu. On y retrouve également Saïd Taghmaoui, Stéphane Freiss et d'autres acteurs moins connus du grand public. Cela commence à faire beaucoup de monde sur une même affiche, d'autant plus que le film dure 1h39.
C'est donc avec ce casting à priori génial et qui marque le retour de Renaud au cinéma dix ans après Germinal, que le tournage du film démarre. L'histoire pourrait paraitre simple : une bande de braqueurs français partent pour les États-Unis afin d'effectuer un casse à Chicago. Mais au lieu de nous offrir une histoire simple tel le braquage d'une banque, d'un musée ou d'une maison isolée, le film part dans tout un tas de directions et les acteurs défilent les uns après les autres. Ironiquement, les personnages dit principaux n'ont pas plus de dialogues que les personnages secondaires. Au contraire, certains personnages de la mafia ou du gang local ont plus de dialogues que Renaud, qui a ici un rôle tellement affligeant qu'on se demande pourquoi il a attendu dix ans afin de sortir de sa retraite cinématographique. Tout ça pour ça.
Car le film se veut être une comédie, mais par certains endroits est sérieux et, au final, se perd en chemin et n'offre aucune perspective. Les personnages sont navrants, n'ayant que quelques lignes immatures par-ci par-là, la musique ne colle pas avec les images et le pauvre monteur fait ce qu'il peut mais se vautre dans un exercice perdu d'avance.
Ici, pour faire pleurer un acteur, on lui met clairement de l'eau sur le visage, "allez, on tourne, parfait, on passe à la scène suivante !"
Le film est une version totalement ratée de Ocean's Eleven à la française.
Et quid de Johnny dans tout ça ? Et bien je dois dire que sa première apparition, au côté de Richard Bohringer, est excellente ! On voit que l'acteur est incisif et précis dans son jeu, avec sa gueule de loup et ses yeux perçants. En plus, il a quelques scènes extrêmement drôles, comme celle où il fait semblant d'être encore au téléphone avec le patron de la bande. Mais malheureusement, cela ne suffira de loin pas pour sauver un film à la dérive. Le scénariste et réalisateur Brad Mirman a eu une très forte ambition en terme de casting, néanmoins, c'est le seul endroit où le film brille. J'oubliai de mentionner toute la partie avec la mafia italo-américaine, où les clichés se suivent les uns après les autres. Ce n'est ni la première fois, ni la dernière que des films échoueront à parodier la mafia. Je pense que le film aurait dû être soit un drame, soit une comédie. Cet entre-deux est en fait un non choix. Et quand on ne choisit pas, on se vautre. Comme par exemple avec les scènes de Renaud, qui sont tellement mauvaises que l'on ne peut s'empêcher de se sentir mal pour lui. Son personnage se nomme Zéro et c'est malheureusement la note que je donnerai à ce film.
Même le DVD du film est un foutage de gueule. En effet, il contient un menu bonus, mais lorsque les bonus apparaissent, un texte vous mentionne que ceux-ci ne sont disponibles que dans la version deluxe. Soit.

Les Rivières pourpres 2 : Les Anges de l'apocalypse




Quartier VIP




Dès la scène d'ouverture du film, tout est dit, le film est un gros navet, typique du mauvais cinéma français. Tout est mauvais. La musique est infecte, la réalisation sans intérêt, le casting de seconde zone, le scénario atone. L'idée de base de cette comédie n'est pas mauvaise : Johnny incarne un gardien de prison dans un quartier VIP, qui voit passer des prisonniers, vous l'aurez deviné, VIP. Un prisonnier (François Berléand) voit sa femme demander le divorce et risque de perde les 15 millions d'euros qu'il a viré sur son compte. Il décide alors de demander au personnage de Johnny de séduire sa future ex-femme afin de récupérer l'argent.
De par son physique et son statut de rocker, Johnny aurait été naturellement vu offert un rôle de prisonnier. Ce rôle de gardien de prison est clairement à contre emploi, ce qui peut être salué. Néanmoins, le résultat est totalement raté, car Johnny n'est soutenu par personne. Le film n'a strictement aucune ambition.
Pourtant, le cinéma français est expert dans les comédies, mais ce film ne suit pas les principes de base du genre. Jean-Marie Poiré aurait apporté du rythme, le film avancerait à 1000 à l'heure. Ici, on s'ennuie ferme, si vous me permettez le jeu de mot. Johnny se promène les mains dans les poches et s'ennuie tout autant que le spectateur.
Johnny n'aura décidément par reçu les rôles à sa mesure de plus grande star française. Je donne la note de 1 sur 10 à ce navet sans aucun intérêt.

Jean-Philippe




Fiche technique


Durée : 1 h 32
Sortie : 5 avril 2006
Réalisation : Laurent Tuel
Scénario : Laurent Tuel et Christophe Turpin
Producteurs : Olivier Delbosc et Marc Missonnier
Directrice de production : Christine de Jekel
Photo : Denis Rouden et Catherine Pujol
Musique : André Manoukian
Montage : Valérie Deseine
Décors : Arnaud de Moleron, Etienne Rohde
Costumes : Pascaline Chavanne
Chef maquilleuse : Michèle Constantinides
Chef coiffeur : Stéphane Malheu
Casting : Philippe Page
Budget : 12,9 millions d'euros (à vérifier)
Format : 35 mm - 2,37:1 - Dolby SR - Digital DTS

En 2006, Johnny va non seulement jouer dans un film mais avoir un film entier bâti autour de lui. Et enfin, le film prend la mesure de la star qu'il est. Exit les Maïwenn ou Pascal Légitimus, quelques années après avoir partagé l'affiche avec Jean Rochefort, le revoici face à un grand acteur, à savoir Fabrice Luchini. Le film ne sera pas filmé à la va-vite mais aura le luxe de douze semaines de tournage.
L'accroche du film est aussi simple que parfaite : "Et si Johnny n'avait jamais existé..."
Disons le tout de suite, le film est tout simplement jubilatoire. Tout admirateur ne peut que s'identifier avec le personnage de Fabrice Luchini, qui joue le rôle d'un fan de Johnny, qui se retrouve du jour au lendemain sans son idole. D'une certaine manière, c'est ce qui s'est produit lors de la mort du tôlier, mais je ne veux pas ici faire une comparaison qui serait bien trop triste pour un film aussi drôle.
Fabrice est un père de famille qui vit dans un petit pavillon de banlieue et vit une petite vie. Tout est petit. Tout est las. Chaque matin, il prend les transports en commun pour aller dans l'ennui d'un travail de bureau et son seul plaisir est de rentrer chez lui pour écouter un disque de son artiste favori. Comme il l'explique à un personnage dans un bar : "Mon boulot m'emmerde, ma femme est jalouse de Johnny et j'ai une fille qui est devenue punk. (...) Heureusement que y'a Johnny. (Il soupire) C'est lui qui me donne la force de me lever le matin. Attention, je suis pas le seul comme ça. On est des milliers ! On pourrait soulever une armée. Qu'est-ce qu'on ferait s'il était pas là..."
Vous l'aurez compris, quelques minutes plus tard, Johnny suite à un coup de poing, Fabrice se réveille dans une chambre d'hôpital mais surtout dans un monde où Johnny n'existe pas. S'ensuit une grave déprime qui montre à quel point sa vie est basée sur un artiste, à tel point que sa famille semble ne plus exister. En effet, à un moment donné, il dit qu'il n'a plus rien, malgré le fait qu'il ait une famille extraordinaire. Au fond, ce film n'est pas sur Johnny, comme l'explique le très bon réalisateur Laurent Tuel, "moi ce qui est semble important pour le film c'est pas de faire un film de fan sur Johnny Hallyday mais de faire un film sur l'obsession de Monsieur tout le monde, d'un Fabrice Luchini qui travaille dans une petite société – une compagnie d'assurance, une banque, ce qu'on veut – et qui a une obsession donc c'est avant tout sur ça et c'est un film sur le destin, donc chacun peut réaliser ses rêves s'il y croit vraiment. On le fait à travers le personnage de Johnny Hallyday mais c'est pas un film du tout à la gloire de Johnny." 1

À l'inverse de certains navets, Johnny est ici supporté par un casting souvent très bon. À noter l'excellente Élodie Bollée, qui interprète Laura... euh... Marion, la fille de Fabrice. Elle est simplement parfaite dans son rôle de petite punk au grand cœur.

Le film utilise les codes non pas des comédies françaises, vues et revues cent fois, mais des films fantastiques populaires américains, tels que Groundhog Day (Un jour sans fin), Back to the Future ou les films de Spielberg. C'est là aussi une très bonne idée car si le spectateur doit croire à l'histoire fantastique du film, il faut lui montrer une certaine magie à l'écran, sinon l'illusion n'aurait pas passé. Le chef-opérateur Denis Rouden l'explique "On voit bien dans certains gros plans qu'il y a un flou qui est assez important derrière. On a choisi avec Laurent le format du vrai scope, c'est du vrai cinémascope, qu'on appelle en langage technique anamorphique. Ce qui nous a permis – bon c'était une comédie populaire, mais on voulait quand même styliser l'image et donc c'est vraiment le grand format du cinéma qui permet d'avoir un travail sur l'image, sur le graphisme, sur les flous et les profondeurs de champs très très important. Ça amène finalement au film un côté visuel qui est assez intéressant." 2

Pour l'anecdote, le scénariste Christophe Turpin avait eu l'idée de ce film et l'une de ses amies, l'actrice Barbara Schulz, a trouvé le concept excellent et l'a poussé à continuer sur son idée. C'est elle qui ensuite contacta Johnny. Turpin : "Elle m'avait promis qu'elle ferait tout pour contacter Johnny, ce qu'elle a fait d'ailleurs." L'actrice jouera un petit rôle dans le film, le rôle de Gabrielle, la maîtresse de Jean-Philippe. 3
L'acteur Antoine Duléry, ami de Johnny, contactera également le tôlier afin de le convaincre de jouer dans ce film.

Ce que vous ne savez sans doute pas, c'est que le réalisateur "Ce qui m'a donné confiance en fait en tout cas en voulant , en me battant pour que le film se fasse, c'est que j'avais rencontré Johnny il y a quelques années. J'avais écrit un film qui s'appelait Gone is gone, le film ne s'est pas fait mais j'avais écrit pour Johnny. Et donc on avait commencé à travailler ensemble, on s'était rencontré et à la suite de ces premières rencontres moi je le connaissais absolument pas à l'époque, c'était y'a 4 ans, 5 ans, j'ai découvert un johnny, je l'appréciais en tant que chanteur mais j'étais absolument pas fan et j'ai découvert un homme voilà avec ses interrogations, ses doutes, les joies et les peines. On a passé un petit peu de temps et ça m'a permis de pouvoir aborder le scénario de Christophe un petit peu avec un regard un peu différent d'une personne qui n'aurait pas connu Johnny. (...) J'avais vraiment envie de faire un beau personnage de ce Jean-Philippe Smet." 4 Le réalisateur travaille donc avec le scénariste afin de peaufiner le scénario et ne pas chercher des blagues à tout pris, mais avant tout chercher une certaine émotion. Car Johnny, derrière son blouson de cuir, a le don de passer une émotion forte. Le scénariste l'explique clairement : "il a un côté très mélancolique. Il peut rapidement faire transparaitre une certaine mélancolie." 5

Alors bien sûr, le film n'est pas parfait, la seconde moitié ne décolle pas autant que la première partie. C'est d'ailleurs souvent le problème des films fantastiques. On démarre avec un concept fantasmant et trouver la résolution n'est pas mince affaire. Parallèlement, j'ai toujours beaucoup de peine avec le jeu d'Antoine Duléry, l'acteur jouant Chris Summers et connu principalement pour son rôle dans Camping.

1, 2, 3, 4, 5 : Commentaires audio du DVD.

Vengeance




Titeuf, le film




En 2011, le petit personnage de bande dessinée Titeuf eu droit à son film au cinéma, et en 3D, s'il vous plait ! Lors d'un voyage en train, Titeuf fera la connaissance de Johnny Hallyday, dans une courte scène qui mérite d'être vue.

Salaud, on t'aime




Sorti en 2014, Salaud on t'aime est un film mis en scène par Claude Lelouche et co-écrit avec Valérie Perrin. Le point de départ du film a le mérite d'être simple. Bien qu'il faille quarante minutes pour le film de démarrer, la simplicité de l'histoire est touchante : Johnny est un photographe riche et célèbre, qui décide de s'acheter un domaine paisible dans les montagnes et est attristé par ses filles, qui ne veulent pas venir le visiter dans sa nouvelle maison. Tout bascule quand son ami proche, un célèbre écrivain joué par Eddy Mitchell, décide de mentir à ses filles en leur disant que leur père est gravement malade. Dès lors, elles accourent auprès de leur père.

En plus d'une histoire simple, le film a d'autres atouts. Le lieu du tournage est, forcément, exceptionnel, en pleine campagne et est très rafraichissant, voire donne envie de quitter la ville. Qui ne rêve pas d'une grande maison luxueuse au milieu des montagnes ?

Un autre aspect positif est que l'histoire a des similitudes évidentes avec la vie réelle de Johnny Hallyday ainsi que son ami Eddy Mitchell. Certes ils ne sont pas photographes ni écrivains, mais tous deux sont des artistes célèbres et fortunés. L'histoire résonne encore plus aujourd'hui, après la mort du rocker. Johnny était définitivement un chef de clan ; un patriarche pour qui être entouré d'une famille et de ses amis était pas simplement important mais vital. Parallèlement, le personnage d'Eddy Mitchell lui parle de la mort et du fait qu'il fume trop. On ne peut donc que penser à sa propre vie et, pour tout admirateur de l'idole des jeunes, cela rend le film très intéressant.

Johnny s'éclate ! On le voit, l'acteur se montre heureux, autour des siens. Le voir avec ses filles chéries, son meilleur ami, parler de ses expériences, prodiguer ses conseils ou citer des maximes est un réel plaisir. Même si le scénario n'est pas exceptionnel, Claude Lelouch a du métier - près de cinquante long-métrages à son actif - et sait manier sa caméra. En plus de cela, Lelouch prend son temps et cela est très rare au cinéma.
Et le film n'est pas que léger, il est une scène où Johnny est entourée de ses filles et où l'une d'elle lui avoue le détester pour la manière dont il a quitté sa compagne de l'époque. La scène est drôlement bien menée et l'on imagine aisément le réalisateur cherchant de moment de vérité, qui est clairement trouvé dans cette scène notamment. Dans celle-ci, Johnny est aussi troublant de vérité. Ce film prouve à quel point Johnny pouvait être un véritable acteur, n'ayant rien du tout à envier à certains des acteurs les plus connus du cinéma français, d'hier et d'aujourd'hui.

Peu après, le film prend une tournure dramatique que je ne dévoilerai pas, mais qui est menée d'une manière extrêmement juste. À nouveau, Lelouch cherche la vérité. Il lui arrive parfois d'échouer, mais on ne peut lui reprocher sa quête. La suite est plus que déconcertante et même si on perd la magie, Lelouch prend un choix courageux et nous emporte quand même avec lui, même si avec quelques difficultés.

Au final, ce film est une très bonne surprise dans la filmographie inégale de l'acteur.

Rock'N'Roll




Chacun sa vie




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